Jazz A Vienne – R+R = Now – Live Report

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“Love is God’s signature on all of creation
Love is the reason whyeverything that you live ishere
Love is the universe making itself known to itself and to anything inside of it and,
Love is God’s signature on all of creation” – Yasiin Bey (Been On My Mind – R+R=Now)

De Cory Henry à ReflectRespond=Now, de diverses réflexions autour de l’Amour parcourent l’écriture de ces artistes.

L’Amour est omniprésent (“Love is there, and it’s strong”Been on my mind) dans l’album. Collagically Speaking. Sentiments languissants (Awake To You), confiance et dépendance de l’autre (Needed You Still), la compréhension de la Femme pour le monde de l’Homme (poème d’Amanda Seales pour HER=NOW)

L’Amour, sujet contemplatif, est un art que Cory Henry cherche encore à maîtriser avec son album The Art Of Love – Chapter 1, dont la sortie, en indépendant, est prévu dans les semaines à venir.

Dans cet extrait, Henry parle de son premier single, Trade it All, parle de l’histoire d’un jeune musicien en quête et en questionnement pour l’Amour. Il y confronte son amour pour une femme ou un ami cher avec son amour pour la musique.

Pour composer l’ultime chanson d’Amour (un amour pas seulement romantique mais universel), il superpose cet amour pour la musique avec tout ce qui le rend personnellement et pleinement heureux.

Cory Henry & The Funk Apostles exultent sur la scène du Théâtre Antique et exaltent l’idée du parfait Amour passionnel, au fil d’accords psychédéliques, pour ne point dire funkadelic, aux couleurs sensuelles. Performeur, et sensiblement heureux de retourner à Vienne, il partage une joie communicative, avec ses deux choristes qui dansent le Milly Rock sur une composition aux saveurs funk et gospel : c’est une véritable expérience d’Urban Gospel.

Au milieu de cette époustouflante énergie apostolique, s’approchent dans les coulisses Robert Glasper et ses cinq frères d’armes, le producteur et multi-instrumentiste Terrace Martin, le trompettiste Christian Scott aTunde Adjuah, le bassiste Derrick Hodge, le batteur Justin Tyson et le beatmaker et claviériste Taylor McFerrin.

Solidaires, ils admirent le show de leur petit frère, d’humeur joviale avant de propulser le théâtre dans de nouvelles sphères spirituelles avec une musique, enracinée dans une culture riche et profonde.

Le show commence avec humilité par un hommage à Herbie Hancock. Terrace Martin initie un sombre arrangement de Butterfly, expirant des soupirs morbides et tourmentés au vocoder pour introduction. Certains penseront à l’univers de To Pimp A Buttrerfly de Kendrick Lamar, produit par Martin, lequel baigne dans ce même esprit progressif et psychédélique – un album lui aussi focalisé sur le thème de l’Amour (ici l’amour de soi ainsi que l’amour et le respect pour sa propre communauté).

Par ailleurs, après avoir collaboré avec Kung Fu Kenny depuis Section 80 jusqu’à DAMN, il produit actuellement le projet en cours d’Herbie Hancock. Outre la vénération que voue Glasper pour Hancock, ce clin d’oeil n’est donc pas tant anodin.

Soudainement retentit la corne de Christian Scott aTunde Adjuah. Le trompettiste impose un tel charisme, de par son style, sa posture et sa technique, que le temps s’arrête à chaque thème soufflé. Sa présence dégage quelque chose de purement mystique et Glasper semble entièrement réceptif, à en croire ses sourcils froncés, yeux fermés, et autres mouvements de lèvres approbateurs.

C’est alors pleinement connectés que s’établit un question-réponse entre trompette et clavier. L’échange s’enrichit de nuances sombres et grasses justement dosées à la basse par Derrick Hodge. L’arrivée de Terrace Martin au saxophone apporte au langage de leur musique une dimension davantage surréaliste.

Avec une telle entrée en matière, le nom du premier album de ReflectRespond=Now prend tout son sens en live. Collagically Speaking emploie un néologisme et désigne la façon de s’exprimer par le libre collage d’éléments différents. Le projet, regroupant 6 musiciens d’horizons différents, incarne manifestement cette idée.

Pour certains groupes, à l’écoute, il est aisé de deviner qui est le principal compositeur, ou le pilier du groupe. C’est le cas avec BadBadNotGood, où le jeu impactant et fracassant du batteur est omniprésent.

Au travers de ce nouveau projet de Glasper qui réunit des super stars du jazz contemporain, les egos s’effacent, les esprits s’embrassent, les énergies se complètent ; leurs compositions riment avec méditation.

Même lorsque chaque musicien a droit à un solo, c’est en parfaite cohérence dans l’écriture de l’oeuvre jouée en live.

Ainsi, bien que mastermind du groupe, Glasper est le moins présent, ou plutôt le plus à l’appui ; tel le leader sur le terrain de basket-ball, il distribue les rôles.

De la sorte il tire pleinement profit du langage r&b de Terrace Martin au vocoder, de la dimension cosmique des chorus du trompettiste Christian Scott, des solides lignes de basses aux accents africains de Derrick Hodge – dont le solo a su imposé le silence total au sein du Théâtre Antique -, de la virtuosité déroutante de Justin Tyson, et du décor hip-hop du beatboxer Taylor McFerrin.

Le concert termine sur un solo de Tyson, justement introduit, devant les yeux ébahis de jeunes musiciens perdus entre l’étonnement d’une telle performance et l’excitation de vivre ce moment au Festival Jazz à Vienne.

Crédits Photographie : EYM

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