Jazz A Vienne – Tank & The Bangas – Live Report

Bienvenue à Bangaville,
Un monde imaginaire, idéalement décrit dans les poèmes d’une poète couchée sur le vert gazon,
Regard loufoque louchant entre brindilles et autres brins de folie.
Bienvenue à Bangaville,
Le monde rêvé d’une poète fascinée par le déclin du soleil à l’horizon,
Fascinée par le lever du même soleil au nouveau matin
Fascinée par son quotidien qui reflète ces mêmes mouvements du soleil, jour après jour,
Et jour après jour, un nouveau poème débute et se termine la nuit tombée.
Bienvenue à Bangaville,
Ville où les histoires glauques n’effacent pas l’âme d’enfant des habitants
Ville où les plus vils ne vivent guère longtemps,
Ville où les filles s’affirment femmes, sont le futur et portent la culture.

Pour inaugurer cette nuit placée sous le thème du hip-hop, Tank & The Bangas se révèlent dans toute leur impétuosité, telle une force de la nature.

Profondément enraciné dans la culture du spoken word (poésie) et du gospel – nombreux des musiciens s’étant rencontrés dans l’église, dont certains comptent des pasteurs dans leur famille -, le groupe manifeste une pure identité neo-soul, parfois même qualifiée de Disneo-soul.

L’allure folle et fantaisiste des chanteuses, additionné aux souvenirs d’enfance comptés avec malice, donne en effet un côté cartoonesque à leur musique.

Étonnamment, l’introduction au monde de Tank n’est pas aussi smooth et doux que l’on peut penser d’un groupe neo-soul connu pour ses émouvantes démonstrations poétiques.

Bien au contraire, les habitants de Bangaville sont des artistes aussi fous que fougueux. Sous l’impulsion écrasante du batteur et compositeur Joshua Johnson, le groupe foudroie la foule en délire. Avec Jonathan Johnson à la basse, les variations rythmiques sont puissantes, solides, toutes synchrones aux temps marqués sur la caisse claire du batteur.

Le concert de neo-soul progressive ressemble de plus en plus à un concert de rock. Même Albert Allenback au saxophone ne contrôle plus ses gestes ; il revient au calme cependant lorsqu’il reprend sa flûte traversière, pour un moment plus léger.

Leur set est aussi intense qu’il est court – 1h de jeu seulement. Le parti pris est donc de miser sur la folie et l’énergie du groupe, quitte à estomper les teintes plus rosées du groupe, au profit de couleurs plus sombres. Ceci dit, le concert reste à l’image de leur art (et de leur démence).

Norman Spence installe un décor ténébreux, tapis derrière ses claviers, avec Merell Burkett et son moog.

Dans un tel décor, les Bangas prennent plaisir à reprendre un titre de Kendrick Lamar, – untitled07– extrait de son album Untitled_Unmastered, un album tout aussi sombre. Intéressant par ailleurs de constater l’influence du rappeur sur la chanteuse dans sa gestuelle sur scène.

Si l’on est loin de l’univers enfantin aux couleurs bonbons, pour lequel le groupe est aussi connu (Boxes and Squares), il fait tout de même venir de jeunes élèves sur la scène lors de leur reprise de Smells Like Teen Spirit de Nirvana. Ces élèves suivaient initialement les masterclass du batteur Zaza Desiderio.

Le fait de les inviter à danser avec eux sur la scène du Théâtre Antique pour leur tout premier live à Jazz à Vienne rappelle l’engagement du groupe à encourager et multiplier l’accès à l’art et à la créativité. Ce sont des valeurs propres à leur communauté Bangaville.

Les élèves ont ainsi eu le privilège de danser aux côtés de Tank et Anjelika Joseph aka Jelly.

Enfin, Tarriona Ball aka Tank est connue pour ses prouesses au slam et au storytelling, soit l’art de raconter une histoire. Que ce soit au calme ou dans le feu de l’action, elle a ce don incroyable d’interprétation qui fige et donne des frissons à quiconque croise son regard fixe.

Qui plus est, elle est douée pour raconter d’horribles histoires avec un sourire éblouissant : ses textes parlent tantôt de ses insécurités en tant que femme, qu’elle apprend à surmonter, tantôt de ses relations plus ou moins réussies, et parfois de traumatisantes histoires de viol – avec Quick.

Si certains seraient désireux d’avoir le groupe plus longtemps sur scène, leur énergie et leur joie communicative demeurent inoubliables.

Découvrez-en plus sur le groupe dans le documentaire qui suit :

Crédits Photographie : EYM

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