Nuits de Fourvière – Jack White – Live Report

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« I’m gonna fight ’em all
A seven nation army couldn’t hold me back » Seven Nation Army – The White Stripes

C’est en 2003 que le grand public découvre pour la première fois le riff mythique de Seven Nation Army et cette punchline rageuse qui vient démarrer la chanson. Jack White annonce à la face du monde que personne ne le retiendra dans sa soif d’expression, et des années après on peut maintenant affirmer qu’il avait raison.

À 43 ans, l’américain originaire de Detroit figure déjà parmi les légendes du rock au regard d’une carrière prolifique. Après sept albums avec les White Stripes et des tubes interplanétaires, ce touche-à-tout décide de s’impliquer dans une multitude d’autres projets. Avec trois amis de longue date, ils fondent The Raconteurs autour de la chanson Steady As She Goes qui, elle aussi, deviendra un tube. En 2008 il signe le thème Another Way To Die pour le film James Bond Quantum of Solace et l’interprète en duo avec Alicia Keys.  Peu de temps après il s’installe à Nashville pour y créer son propre label Third Man Record et va alors produire bon nombre d’artistes mais également ses propres disques. De sa rencontre avec Alison Mosshart (chanteuse de The Kills) nait le groupe The Dead Weather et cette fois Jack est batteur. En 2009 le groupe dévoile son premier single et donne son premier concert pour l’ouverture du label. En parallèle, il entame une carrière solo et sort deux albums Blunderbuss (2012) et Lazaretto (2014).

En 2016 Jack White annonce une pause loin de la scène mondiale et entame une introspection dans les racines de sa musique, il veut avant tout se concentrer sur les nombreux projets auxquels il prend part.

Après 2 ans sans concert, il annonce enfin une tournée à l’occasion de la sortie de son 3ème album solo Boarding House Reach et nous fait le plaisir de passer par Lyon à l’occasion du festival Les Nuits de Fourvière.

Ce dimanche 8 juillet 2018, on a droit à une première partie blues et rock & roll du soliste They Call Me Rico. L’artiste Québécois originaire de Lyon nous propose un set énergique et fais monter l’ambiance dans le Grand Théâtre.

Changement de plateau, on découvre un décompte au terme duquel Jack White arrive sur la scène du festival Les Nuits de Fourvière, à la veille de son 43ème anniversaire.

Le set commence par une explosion électrique. Potards à fond, accords saturés et distorsion dessinent une intro sous haute tension. C’est dans cette puissante ambiance garage rock que débarque le riff de Over and Over and Over, un morceau surexcité issu du dernier album. Le teint pâle et les cheveux en bataille, Jack donne le ton de la soirée : il est là pour se défouler et nous communiquer cette folie qui l’habite.

Après un premier clin d’œil au White Stripes avec Dead Leaves and the Dirty Ground, il enchaine avec Corporation, nouveau titre rock fusion à la Rage Against the Machine. Dans un premier temps Jack White nous montre l’étendue de son talent de guitariste en soliste sur une rythmique et des nappes de synthés funky.

Il finit par rapper d’un ton rageur : « I’m thinking about starting a corporation. Who’s with me ? ». Ego trip du génie entre deux cris stridents : « Nowadays, that’s how you get adulation ».

Showman tout au long de la soirée, Jack White occupe beaucoup l’espace et possède pleinement sa scène. Dans une atmosphère bleutée le leader se ballade entre ses musiciens, perchés sur des estrades aux marches parées de néons blancs. Il communique beaucoup avec sa section rythmique, notamment avec Carla Azar qui mène la danse à la batterie. Au feeling, il donne de nombreuses instructions, ajoutant une part de spontanéité au live. La scène devient une sorte de jam très privée au service des plans de guitare alambiqués de Jack.

Après un début de set tonitruant, le groupe calme le jeu avec le nouveau titre Why Walk a Dog ?. Sur ce slow pesant, les pads et les synthés posent un habillage sonore intriguant pour l’interprétation théâtrale de Jack White. Pour ce faire, il utilise 3 micros aux effets différents afin de travailler son chant torturé, passant de la voix la plus stridente et saturée à un timbre clair et sensible. Sur High Ball Stepper et I Smell a Rat un dialogue s’installe entre Jack et ses synthés : c’est un véritable jeu de « question / réponse » entre accords, riffs et solos.

002 _@Ray Spears

Retour à la frénésie rock donc, mais pas seulement car juste après vient Hotel Yorba et Hypocritical Kiss, deux morceaux aux influences country. Jack White délaisse un instant les guitares électriques et son roadie lui apporte sa guitare acoustique mythique : un modèle custom de la Gretsch Rancher Falcon. Il nous offre alors une parenthèse aux mélodies americana teintée de country music, des influences fortes chez l’artiste qui sait jongler avec les styles fondateurs de sa culture.

What’s Done is Done est aussi une belle ballade traditionnelle sur laquelle Carla Azar vient soutenir Jack avec des chœurs suaves. Ce titre mélodieux issu du nouvel album Boarding House Reach vient mettre un terme à la pause acoustique du set.

001 _@Ray Spears

Le set se relance peu à peu dans une intro progressive au synthé… Au terme de cette envolée les premières notes de Cut Like A Buffalo retentissent ! Le groupe revisite d’abord le morceau emblématique de The Dead Weather avec un nouvel arrangement où les synthés imposent leur groove.

Le leader retrace sa carrière, plusieurs chansons des White Stripes s’enchaînent comme un retour aux sources pour les fans de la première heure avant que Jack ne nous présente deux de ses nouveaux morceaux.

Get In the Mind Shaft nous offre des sonorités expérimentales : sur un rythme aérien, White use d’un effet vocodeur robotique sur sa voix et synchronise son phrasé vocal avec ses solos de guitares saturés pour un rendu harmonique surréaliste. Puis, en une intense intro de batterie, le morceau Respect Commander se profile…

Encore une fois Jack White laisse libre cours à sa folie créatrice par des riffs stoner dans une ambiance lourde et angoissante. Les solos prédominent et le charismatique musicien confirme son statut de guitariste légendaire.

En fin de set, Jack reprend l’acoustique pour 2 morceaux acoustiques teintés de folk.  Le groupe le laisse seul pour une interprétation guitare/voix de You’ve Got Her In Your Pocket. Avec son timbre déchiré il transmet sans pudeur une émotion brute, mais c’est le calme avant la tempête… Les musiciens sont de retour pour le dernier morceau officiel, l’incontournable Steady As She Goes de The Raconteurs. Le tube retentit et le public exulte au son d’une version réarrangée pour les claviers. Encore une fois Jack White s’amuse à improviser et transforme à sa guise son titre culte ! Il salue le public et quitte la scène avant le rappel. « Who’s with me ? »

Après une courte pause, une vidéo de Carla Azar jetant des fléchettes sur une cible à l’effigie de Donald Trump apparaît en fond de scène. C’est dans cette ambiance révoltée que le groupe revient pour un rappel de 4 morceaux. Jack lance le riff puissant et accrocheur de I’m Slowly Turning Into You. Le public répond présent et ponctue les silences de cris approbateurs. Belle performance technique sur le très bon Connected By Love. Jack White nous offre un remarquable solo de tapping à l’issue de cette balade rock progressive.

Il jouera également Ice Station Zebra, titre extra-terrestre où s’entrechoquent toutes les influences présentent sur son dernier album, du punk au jazz.

L’heure est à la conclusion et pour terminer en beauté, le dernier morceau ne sera autre que Seven Nation Army … Le carton international désormais devenu un chant de stade est repris en chœur par l’intégralité du public pour célébrer la fin d’une magnifique soirée. Avec ses quelques notes saturées et son énergie garage rock à l’état pure cette chanson est rentrée dans l’histoire tout comme son compositeur.

Au terme d’un set d’une grande profondeur à l’image de sa carrière (25 chansons au total !), Jack White salue, remercie chaleureusement son public et s’éclipse de la scène avec ses compères sous une pluie de coussins, symbole d’un show réussi aux Nuits de Fourvière.

003 _@Ray Spears

 

Crédits photos : Ray Spears
Auteur : Julien Portenguen

 

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