Ouverture de la 39e Edition Jazz A Vienne – Up Above My Head, Un Chant Porté Sur 3 Générations

Up Above My Head…
Hochent les têtes aux coups des pioches
Hope & Music, seules richesses en poche
Laisser s’élever un chant de foi, dans la joie, contre tout désarroi,
Là réside la vraie liberté d’une Âme.

Cette soirée d’inauguration de la 39e édition de Jazz à Vienne transmet un immense patrimoine musical et l’étend sur 3 générations.

Le choix du titre “Up Above My Head” ne désigne pas seulement le spectacle produit par Jazz A Vienne, avec Camille et Sandra Nkaké au chant, et Raphaël Imbert aux saxophones, et Raphaël Lemonnier au piano.

“Up Above My Head” reprend aussi l’un des titres de l’album de Michelle David & The Gospel Sessions, bien choisis pour cette soirée.

Enfin, de la part de Michelle David et du festival, il s’agit surtout d’un hommage au titre original, joué par Sister Rosetta accompagnée de The Olivet Institutional Baptist Church Choir dans les années 1960.

Un titre repris sur 3 générations donc.

Concernant Michelle David & The Gospel Sessions, leur prestance rappelle une énergie semblable à celle de Lee Fields & The Expressions. A l’aise dans sa performance, elle sait chanter du gospel et maîtrise le langage blues sur des airs plus profanes (Soul). Ses guitaristes aux allures gentlemen renferment de vrais rockeurs. David déborde d’une énergie, d’une Soul,… d’une Joie (et d’une Foi) inébranlable. L’émotion, tant dans ses jeux de jambes que dans ses yeux, était palpable tout au long du concert.

Vient ensuite le spectacle tant attendu, la création originale de Jazz à Vienne.

Sandra Nkaké, au cours de la conférence animée par Renaud Volle de radio RCF, échangeait déjà quelques mots sur la volonté et l’état d’esprit pour ce spectacle.

Le show revient aux sources, aux premières expressions musicales du peuple Noir. Du choix du répertoire au choix des instruments, en incorporant le n’goni (l’ancêtre du banjo).

Pour autant, les protagonistes ont su modernisé cet héritage musical au gré d’arrangements enrichis. Cette modernisation des chants de prisionniers et d’esclaves et une manière de faire voyager leur musique dans le temps et de célébrer la Liberté – chaînes brisées.

A l’écoute impressionnante des percussions corporelles et des chants acapella rythmés du battement de grands bâtons et des frappes de pieds nus à même le sol, on se laisse touché par la poésie de la mise en scène. Cette poésie associée aux rythmes joués par les pieds et ces bâtons rappellent d’où vient le genre hip-hop, et par extension le rap (Rhythm And Poetey).

En voyant cette performance de Sandra N’Kaké, Camille, Raphaël Imbert et tous les musiciens, on ne peut que convenir que toutes les musiques viennent du blues (gospel, jazz, soul, hip hop,…).

Le groupe s’est rappoprié le repertoire afro-américain avec une réelle passion. Sandra N’Kaké a notamment délivré l’interprétation de Strange Fruit de Billie Holiday la plus poignante. De la voix, à la gestuelle, au jeu corporel avec le bâton pour désigner la métaphore des corps noirs pendus aux arbres… la performance fut époustouflante.

Une très belle ouverture de festival donc, qui laisse entendre le message et la réflexion de la direction artistique pour cette programmation.

 

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