J. Cole mérite-t-il sa place dans le basketball ?

J. Cole mérite-t-il sa place dans le basketball ?

What’s the price for a black man life?
I check the toe tag, not one zero in sight
I turn the TV on, not one hero in sight
Unless he dribble or he fiddle with mics

– January 28th, J. Cole

Certains joueurs pro de la BAL contestent la légitimité de J.Cole

Le 10 mai 2021, on apprend sur le twitter du journaliste sportif Shams Charania que J.Cole signe un contrat chez les Patriots B.C, l’équipe rwandaise de basketball pour jouer en BAL (Basketball Arica League).  

Une décision qui en dérange plus d’un comme le joueur professionnel Terrell Stoglin jouant pour l’AS Salé en BAL. Il questionne son mérite et son authenticité. Il se confie sur son point de vue lors d’une interview sur la chaine de télévision sportive ESPN, nous expliquant que pour lui J.Cole usurperait cette place pouvant être réservée à une autre personne plus méritante  “I think he took someone’s job that deserves it.”

Ainsi le joueur fait référence à la carrière de l’artiste dans la musique pour appuyer son point sur le fait que J.Cole n’a pas le niveau pour jouer en BAL “For a guy who has so much money and has another career to just come here and average, like, one point a game and still get glorified is very disrespectful to the game. It’s disrespectful to the ones who sacrificed their whole lives for this.”.

Cette interview soulève un sentiment de colère et de frustration parmi les détracteurs du musicien. Mais ces dires ne l’arrêtent pas.

I walk through the flame like I’m Teflon – J. Cole (hunger.on.hillside)

Depuis le Lycée sa flamme embrase le parquet.

 Si J.Cole s’intéresse au basket c’est parce qu’il côtoie ce sport depuis qu’il est adolescent. Dans son article appelé “The Audacity” publié dans le media The Players’ Tribune, l’artiste nous dit qu’il commence à jouer au basket dès le lycée mais qu’il ne s’y intéresse vraiment qu’à la fin de sa dernière année

“I played in high school, but had only started to find real confidence after my senior year was over.”  

Lors de sa dernière année à l’université de Saint John à New York, l’artiste fut sélectionné parmi les 10 espoirs pour jouer dans l’équipe masculine de son académie.

“I said to myself. It was about a 10-minute walk across campus to […] the newly built practice facility for the Men’s basketball team at St. John’s [..] I was one of the 10 hopefuls that got a call back from day one.”

À cette période, J.Cole était considéré comme l’un des meilleurs joueurs de son équipe “I was one of the top players”. Malgré le fait qu’il se soit mis au basket un peu tard, c’est à 19 ans qu’on le considère comme un joueur ayant du potentiel “If there was one word to describe my game at the age of 19 it was, potential.”.

Dans son nouvel album « The Off-Season » sorti ce 12 mai, J.Cole nous régale avec des références liées au monde du basket, un sport que le rappeur apprécie tout particulièrement, ce dernier étant une partie importante de son processus créatif.

J. Cole Basketball Article

Parallèle entre le rap et le sport.

Dans le documentaire “Applying Pressure : The Off-Season Documentary” , J. Cole nous explique que lorsque son amour pour le rap s’est développé, il ne le percevait plus comme un art mais comme un sport. Ce changement de vision lui a permis d’établir un parallèle entre ses deux activités favorites lui permettant de se dépasser dans l’une comme dans l’autre.

“When I really really fell in love with rap It was a matter of like sport, I started realizing the parallel between the rap for me and basketball”.        

Le rap étant là où J. Cole  excelle, Il nous le dit dès les premières secondes de l’album dans le titre 95 South « This shit too easy for me now / Cole been goin’ plat’ since back when CDs was around ». Une référence évidente au fait que J. Cole est reconnu pour son succès commercial et la maîtrise de son marketing, avant même l’apparition des plateformes de streaming. Il marque l’histoire avec ses six albums numéro 1 au Billborad, et s’inscrit dans la légende des grands du hip hop.

Pour appuyer le propos, il sample un des hits de son son plus grand modèle, Jay Z : U Don’t Know, extrait de l’album chef-d’oeuvre Blueprint, lequel date de 2001, l’époque où le succès commercial se mesurait au nomnbre de CD vendus, et non encore de streams.

Son exigence personnelle vient du fait que J. Cole refuse de se complaire dans le confort : “These past five years has been a fight against comfort. I was chilling.” Ce crédo, “Comfort is the Enemy”, nous est montré dans le documentaire ainsi que dans ses textes, nous permettant de comprendre que l’artiste refuse de se laisser aveugler dans l’orgueil de la célébrité ainsi que dans l’illusion de sa richesse et sa paresse.

On le remarque dans le titre 100.mil : “One hundred mil’ and I’m still on the grind, It’s my time now, my world, my life my life.” Et enfin dans Pride.is.the. devil : “Got my feet up, I paid silly bands to have sex on the jet I don’t need ’em, that shit in the past, I’m feelin’ like what’s next.”.

Young Simba marque l’histoire

Après sa signature chez les Patriots, le rappeur participe au premier match de la saison inaugurale de la BAL comme le signalait le tweet de Shams Charania. L’événement se déroulait du 16 au 31 mai au Rwanda et faisait affronter les équipes des grandes nations africaines comme le Sénégal, le Cameroun ou le Maroc.  Malheureusement, Jermaine quitte son équipe alors qu’elle est qualifiée pour les quart de finale de la compétition pour raisons familiales. Cette nouvelle est relatée par l’ESPN :

“Rapper J. Cole of the Rwanda Patriots BBC has completed his contractual obligation to the Basketball Africa League and has departed from Rwanda because of a « family obligation”.

Comme vu en début d’article ses détracteurs soupçonneront un coup de pub pour la BAL, et la sortie de son album mais l’athlète a tout de même honoré son contrat en jouant 3 matchs avec l’équipe rwandaise.

De Warm Up à Off-Season

Dans son titre hunger.on.hillside J. Cole écrit  “I don’t speak the language of cowards I walk through the flame like I’m Teflon”. Il repart la tête haute, malgré les persiflages. Ambition accomplie, renouveau reconquis, avec la nostalgie de ses premières mixtapes The Warm Up et The Come Up, J. Cole effectue sa dernière danse, en feu sur Off-Season, tel le phénix qui renaît de ses cendres.

Enfin, comme disait Kobe Bryant : “I can’t relate to lazy people. We don’t speak the same language. […].” Cole et Kobe, deux champions aux carrières pourtant distinctes, partagent la même vision, et ont prouvé leur légitimité dans tout ce qu’ils ont entrepris.

chrisdess

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