Supa Dupa – Vers L’Infini Et Au Delà, Evolution Du Groupe Avant L’Envol (Interview)

Une nouvelle aube se lève sous les yeux rêveurs de 9 musiciens assez ambitieux pour s’envoler vers d’autres cieux : Rise.

Précédemment introduit sous le titre Hip Hop is The New Jazz, Supa Dupa entre à présent dans sa nouvelle ère avec cet EP, premier volet du dyptique RISE & FALL , sorti ce jeudi 29 mars 2018.

La dernière fois le squad teasait cette sortie en prenant le contrôle de notre playlist : Supa Dupa Take Over Sounds So Beautiful.

Composé par le batteur, leader et beatmaker Nu-Tone, écrit par le rappeur et poète NotaBene, aux penchants cinéphiles, cet opus propose une expérience intense, et un storytelling à renversements.

Couleurs et teintes musicales renouvelées, ADN initiale du projet conservée, le crew se révèle de plus en plus mature, évolue et offre une écoute fidèle à ce que leur public connaît d’eux en concert.

L’effort de production est remarquable, aussi complexe qu’imaginatif ; une peinture aux milles nuances. La diversité des textures et des gimmicks aux claviers, illumine et suggèrent l’ambiance de chaque titre de l’EP.

Les subtiles phrasés de guitare ajoutent une touche de sensibilité, tandis que les variations de rythmes à la batterie et autres accélérations frénétiques sur la charleston insufflent une dose d’énergie.

Le fracas des breaks, combiné aux flows fougueux et furieux du MC NotaBene, rajoute une charge supplémentaire, contrastée avec la voix suave de Macy Lu, la chanteuse, et le jeu léger au pad (cf Fuel).

De Countdown, avec ses lignes de basse et la section cuivre qui suscitent l’intrigue et l’attente, à Take-Off, le titre le plus impétueux de l’EP, jusqu’à Rise, le cœur de l’oeuvre, la progression des personnages que jouent NotaBene et Macy Lu est manifeste.

Découvrons-en plus sur leur parcours pour en arriver à ce résultat au fil de l’interview qui suit.

INTERVIEW

SSB : De Supa Dupa Turn This Mother Out, a High On Life quelle était l’ambition de départ ? Quel était votre moteur à l’époque ?

SUPA DUPA : (Nu-Tone) Avec Turn This Mother Out on voulait donner notre premier jet, faire une première sortie, pour simplement présenter le projet.

Puis, avec High On Life, c’est à ce moment là que s’est faite la création de Supa, avec ses nouveaux membres et ses nouvelles connexions humaines. C’est par exemple à ce moment là que notre saxophoniste, Olaf Benedris, est arrivé, bien qu’il ne soit pas présent sur ce premier projet, entièrement auto-produit.

A cette époque on était encore jeune dans les codes de la production. Il y avait un grand écart entre la qualité studio et celle de nos live.

SSB : Votre travail de groupe, pour avoir assisté à l’une de vos répètes, est très exigeant. De High on Life jusqu’au double EP Rise & Fall, comment avez vous grandi personnellement musicalement?

SUPA DUPA : (Nu-Tone) On a pris en maturité au niveau du travail en studio et des méthodes d’enregistrement.

Pour Rise, ça part d’une base de productions que j’imagine, puis on la met en application lors d’une première résidence avec la section rythmique. Je retourne en studio pour redéfinir ces productions, avant de passer au premier arrangement.

NotaBene et Macy Lu prennent la suite. Ils proposent leurs textes et leur mélodies. Leur intervention précède la résidence avec tous les 9 membres du groupe.

Passé cette étape, on a le libre champ pour de nouveaux réarrangements, un mixage, et l’envoi de la maquette à l’ingénieur son avec qui on réenregistre tout.

Pour High On Life, on a occulté toutes ces étapes et on est parti d’une répète et d’un enregistrement.

En dehors de notre évolution en studio, en un peu plus d’1 an on a appris à se faire confiance les uns les autres.

La scène nous a fait évoluer et les temps passés en dehors de la musique permettent de nouer des liens ; Supa est devenu une seconde famille.

SSB : Deux morceaux que vos publics ont l’habitude d’écouter en concert ont été rearrangés. Racontez-nous l’histoire pour ces réarrangements.

SUPA DUPA : Pour Fuel, c’était par pur plaisir du refrain. Quant à Remains, c’est en effet notre nouvelle version pour Nothing Will Do.

On a ce titre à cœur depuis nos débuts, ça fait partie de l’ADN Supa, et on a pensé qu’on aurait pu le présenter d’une autre manière que dans High On Life.

[Cette une signature sonore marque les esprits et une application dédiée au hip hop, Hiphopmoov, a d’ailleurs souhaité l’utilisée comme jingle.]

On s’est donc dit qu’il était de bon ton de remettre cette mélodie au goût du jour.

Et puis, l’histoire derrière Nothing Will Do, celle d’un amour à sens unique, convenait parfaitement au développement pour Rise.

SSB : Le dernier titre, Rise, fait penser a 21Questions de 50cents. Comment ce titre vous est il venu?

SUPA DUPA : (Nu-Tone) Ce titre est venu d’un gimmick qu’Olaf Benedris jouait au piano.

Et j’ai aussi pensé au beat dans My Favorite Part de Mac Miller.

SSB : High on Life, Rise… le champ lexical est assez contemplatif et aérien. Comment les avez vous choisis?

SUPA DUPA : (NotaBene) A vrai dire ce n’est pas voulu, et avec du recul c’est vrai que ça revient souvent, parce qu’on veut s’élever et on est d’un naturel rêveur.

SSB : Dans la video In The Studio, Nu-Tone, tu parles d’une image assez particulière: “ce regard au loin, ce froid”. Peux tu étoffer?

SUPA DUPA : (Nu-Tone) Je veux que ma musique transmette quelque chose, un sentiment, une sensation, et je ne veux pas me cantonner à suivre la tendance ; je ne veux pas que ma musique vieillisse.

Quand je commence à composer je visualise le live et le mastering et je veux imaginer dans quel contexte on écoutera ma musique.

(Macy Lu) Pour ma part, je me fie plus à l’émotionnel. Je transpose le plus fidèlement possible le sentiment ressenti au moment de l’écriture.

(NotaBene) Pour écrire, je pars du thème général, puis de l’ambiance, et j’imagine ce que les personnes que j’admire pourraient penser.

Je me dis “si Eminem, ou mon prof d’anglais ou bien mes amis au Canada tombaient sur mes textes… qu’est ce qu’ils penseraient ?”.

SSB : NotaBene. Y a t-il des textes que tu as écrits qui n’apparaissent pas sur le double ep? Quel est le texte dont tu es le plus satisfait/fier?

NotaBene : Quand j’écris j’en enlève beaucoup de base. J’épure au maximum.

Pour les paroles dont je suis le plus fier, je dirais Rise, avec son refrain “I’m falling head over heels”.

Et le texte fait la transition pour Fall.

SSB : C’est un NotaBene différent de High on Life. Autrefois MC en proie à ses vulnérabilités, à présent rappeur serein, confiant et fougueux. Comment décrirais-tu l’évolution de ton personnage au sein de Supa Dupa?

NotaBene : L’évolution du personnage tient du renouveau de notre jeu sur scène et surtout par rapport à l’histoire racontée dans Rise. On passe d’un gars fragile et heurté sentimentalement à un nouvel homme fier et résolu.

SSB : Macy Lu… d’où te vient ce nom? Comment t’adaptes-tu au texte et aux flows de NotaBene ?

Macy Lu : C’est NotaBene qui m’a trouvé mon nom de scène. En voyant les initiales de mon nom, il a vu M.C., a pensé emcee Lu, et a sorti Macy Lu.

Pour les flows et l’écriture, on travaille tous les deux. Je lui chante le flow et les mots en français que je souhaite mettre dans la chanson, et il transpose tout en anglais.

Dans notre processus, on ne se prive pas pour faire du yaourt pour avoir les premières idées.

Au fur et à mesure des concerts et des enregistrements, ma place avec lui s’équilibre de plus en plus, entre mes performances solos (Charlene – Anthony Hamilton) et mes couplets rappés.

(Nu-Tone) C’est aussi NotaBene qui m’a trouvé mon surnom.

Il s’est inspiré de la pendule de Newton, qui reproduit des impulsions identiques à la suite d’une percussion. [Ce qui fait penser au métronome…]

SSB : Theorie sur le storytelling : De Rise a Fall ou inversement, vous donnez l’impression d’une histoire, voire d’un mouvement que l’on peut lire dans les 2 sens. Est-ce bien ça ?

SUPA DUPA : (NotaBene) On suit plutôt un cycle continu avec cette histoire.

A la fin de Fall, on obtient la moralité de l’histoire, la leçon à tirer de tout ça.

Si les deux récits sont liés, la musique est assez self-explanatory, chaque morceau fait sens explicitement, même sorti de leur contexte.

Chaque titre est un épisode. Seul le dernier morceau Fall est davantage suggestif.

SSB : Nu-Tone on connaît ton admiration pour J Dilla. Qu’est ce que ça fait de faire la première partie de Illa J ce vendredi 13 Avril ?

Nu-Tone: Illa J, c’est le petit frère de J Dilla, mais je le respecte aussi bien que J. Dilla.

Toutes ses prod’ véhiculent une image forte. A titre d’exemple, il a un EP que je n’écoute qu’en hivers.

NotaBene : Ce sera aussi une nouvelle occasion d’analyser, de grandir et de se démarquer sur la scène.

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