Julie Zenatti – Le Chant D’Espoir De La Méditerranée (Interview)

Un vent d’espoir qui souffle au delà des frontières, telle est la volonté de Julie Zenatti insufflée dans ce projet.

Ce 24 mars 2017, Julie Zenatti délivre l’ambitieux projet de promouvoir un message de bienveillance, d’espoir, de liberté, et de positivité, au travers de son nouvel album, hommage à la Méditerranée : Méditerranéennes (ici ou là-bas) disponible partout, en physique ou digital.

La beauté du projet tient de son caractère collaboratif, noué de liens humains, et qui permet la (re)découverte de grandes figures de la variété française, et surtout de jeunes talents dont on ne parle pas assez.

Parmi ces figures et grands talents comptent Chimène Badi, Enrico Macias, Slimane, Nawel Ben Kraïem, Elisa Tovati, Claudio Capéo, Slimane, Enrico Macias, Lina El Arabi, Sofia Essaïdi, Samira Brahmia.

Cet album, c’est un retour aux sources, c’est le chant des origines, la fierté d’une identité, un miroir dans lequel beaucoup de françaises et français à l’héritage métissé peuvent se refléter.

L’enchaînement même des chansons témoigne du storytelling omniprésent.

Passer de la triste chanson Adieu Mon Pays à la Maritza, traduit avec mélancholie, cette idée de traversée des frontières…  Ces deux textes font en effet état de nostalgie pour un pays quitté. La question de l’Exil étant très présente dans les thèmes de l’album.

Le refrain de la Maritza inspire toutefois une danse d’espoir et d’allégresse, en dépit de l’indulgence et de la sensation d’avoir perdu une part de son identité.

Zina suit avec un chant réconfortant. Ce titre réinterprété inspire la possibilité de se sentir librement chez-soi où que l’on aille.

Le texte entièrement en Italien (Sparring Partner), premier titre de l’album chanté intégralement en langue étrangère conforte cette idée et permet d’embrasser pleinement ses origines.

Certaines chansons font penser à des pièces de comédie musicale (Mustapha), d’autres rappellent avec humour l’ambiance des ménages du sud, où tout le monde parle plus fort que l’autre dans la famille ; c’est que traduit le titre Le dernier qui a parlé, chanté sur un ton malicieux presqu’enfantin, pouvant rappeler des souvenirs d’enfance.

La richesse de cet album confirme à quel point la Méditerranée désigne le berceau de l’Humanité, à la croisée des civilisations aux points communs multiples.

julie zenatti origines

Découvrons-en plus sur cet album avec Julie Zenatti elle-même au cours de l’interview qui suit.

INTERVIEW

Méditerranéennes album collectif

SSB :  Votre album, plus qu’un concept, pour vous c’est une parole, selon vos dires dans une précédente interview. D’ailleurs, cette notion de parole résonne avec la culture méditerranéenne, voire berbère (cf Zénètes).

L’album commence très fort avec Amal. Un hommage à la terre du Liban et un début sous le thème de l’espoir, car il s’agit de l’acronyme en arabe d’afwâju l-muqâwamati l-lubnâniya qui désigne « l’espoir ».
Comment expliquez-vous votre choix pour ce titre d’ouverture ?
Quel message, quelle histoire, quelle parole souhaitez-vous véhiculer ?

Julie Zenatti :  Méditerranénnes est un album basé sur la bienveillance.

Amal était important pour moi.

Cela incarne une vraie parole d’espoir, une parole de femme.

Au travers de cet album, c’est aussi l’histoire de femmes fortes que l’on retrouve.

C’est aussi un message positif et un souffle d’espoir qui arrive au bon moment, et dont on a besoin au vu du climat [social et géopolitique] actuel.

SSB :   Zina, la version originale, est une chanson magnifique et touchante de poésie, ainsi qu’un hommage au groupe Algérien, BabyloneQu’est-ce qui vous a le plus touché dans cette chanson ? 

Julie Zenatti : Je ne parle pas arabe, mais cette chanson me touche par sa beauté et la poésie que le chanteur met dans son interprétation.

SSB : C’est intéressant, je pensais justement que vous parliez la langue. Comment s’est fait le travail de réécriture ? Et quel message voulez-vous faire passer aux jeunes filles avec votre clip ?

Julie Zenatti Le message est toujours celui d’espoir et surtout de liberté de qui on est.

L’idée est aussi d’encourager ces enfants à se sentir libre de ce qu’elles sont, accepter leur identité, leur culture…

Julie Zenatti ici ou là bas Zina

SSB :  C’est aussi un titre très solaire, chaleureux et pleine de vie, comme l’ensemble de l’album. (Le Café des Délices l’illustre bien aussi.) Y a-t-il  à des instruments typiques de certaines régions ? Si oui lesquels ?

Julie Zenatti Bien sûr ! Il y a plusieurs instruments typiques. On retrouve par exemple le zill, le tar ou encore le oud. Avec ces instruments on a voulu mettre en avant des idées rythmiques propres à la culture de la Méditerranée. 

oud tar zill.png

SSB :  Pour la reprise de Mon Amie La Rose de Françoise Hardy, Slimane apporte à ce poème une teinte naturellement orientale, à la manière de Natasha Atlas.

Pouvez-vous nous raconter votre processus créatif pour la réinterprétation de cette œuvre.

 Julie Zenatti Avec plaisir ! Déjà Slimane a un talent fou. Musicalement, j’ai aussi voulu m’inspirer de l’univers urbain de Slimane, et l’allier aux rythmiques orientales créées entre autre avec le bendir.

On a pensé à plusieurs versions avec une chanteuse, mais son interprétation était parfaite, c’est donc sa version qui l’a empporté.

Plus qu’un hommage à la femme, c’est enore un hommage à la Méditerranée, dans le sens où la Femme Méditerranéenne incarne la culture de la Beauté, de prendre soin de soi. Les longs cheveux, l’élégance, la délicatesse… 

Et cette culture de la beauté trouve aussi sa métaphore dans la rose.

SSB :    Maritza, est une ode à ce fleuve en Bulgarie, à la frontière entre Grèce et Turquie.

Julie Zenatti Pour la Maritza, il s’agit en fait d’un fleuve à la frontière Turque qui se jette dans la Méditerranée. Le choix de cette chanson est l’occasion de montrer que la Méditerranée n’a pas de frontières.

Ni même musicalement, car il y a des ressemblances avec la musique turque : on y retrouve la même mélancholie dans certaines chansons…

SSBA Sounds So Beautiful, pour l’occasion on est parti à la recherche d’artistes méditerranéens, et on a découvert Sezen Aksu et sa chanson IstanbulEn avez-vous entendu parler ?

Julie Zenatti Comment vous dites ? Sezen Aksu ? 

SSBOui, en sollicitant des personnes qui partagent la culture méditerranéenne, une amie qui écoute beaucoup de musique orientale, et notamment turque, me l’a suggérée.

Julie Zenatti Non je ne connaissais pas, mais je le note et j’écouterai ce soir. 

SSB :  Pour revenir sur l’album, vos textes sont souvent intimes et personnels (cf Blanc – La Fille D’avant Moi – D’où Je Viens) et reflètent votre histoire, votre vie, et c’en est de même pour les artistes qui vous entourent – Enrico Macias, Adieu Mon Pays. 
Quelle chanson dans l’album Méditerranéennes vous reflète le mieux ?

Julie Zenatti :  Choix difficile… je dirais Avinu Malkeinu, chant en hébreu qui est en fait une prière. Je ne suis pas particulièrement religieuse mais cette prière me transporte…

Sinon ce sera Amal (Fortes d’Espérer), qui est très importante pour moi.

SSBC’est drôle, j’aurais misé sur Beautiful Tango, qui pourrait être l’un des chefs d’oeuvre de l’album.

Julie Zenatti : … Avec Nawel Ben Kraeïm. C’est une chanson magnifique…

SSB : Question anecdotique pour un petit point culture. Vous avez une identité métissée aux couleurs italiennes et berbères, entre autres, et il parait que la cuisine Sicilienne est influencée par celle arabe.Quel est l’aliment qui vous évoque directement vos origines ou vos plus doux souvenirs d’enfance ? 

Julie Zenatti On va dire la coriandre !

SSB : Enfin,  le concept de votre album et certaines chansons font penser au film d’animation Azur et Asmar, par Michel Ocelot, le réalisateur de Kirikou.
Ce film présente 2 frères, ou plutôt deux garçons l’un arabe l’autre Européen, élevés par une même femme, mère de l’un, nourrice de l’autre.
Vous le connaissez ? Que pensez-vous de ce film ? Un parallèle est-il permis ?

Julie Zenatti Oui je vois très bien, la remarque est vraiment très pertinente ! Je ne me serais jamais permise de faire moi-même la comparaison mais j’en suis très honorée. Merci !

SSB : Je pense vraiment qu’un parallèle avec Azur et Asmar, au vu de la couverture de l’album et de l’accent sur une identité métissée (européenne et arabe), est bien permis.

En plus certains morceaux sont écrits de telle manière qu’ils pourraient faire office de musique de film, voire de comédie musicale…

Pour finir, Méditerranéennes est un très beau projet. A Sounds So Beautiful, on s’intéresse à la découverte d’artistes émergents, mais aussi aux artistes déjà dans la lumière qui proposent des messages forts au travers de leur musique, avec un storytelling intéressant.

Tout le meilleur pour la suite !

 

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1 Trackback / Pingback

  1. Karine Zarka – La Richesse D’Une Double Culture (Interview) – Sounds So Beautiful

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