Celeste à l’Olympia : le masque, la femme, et tout ce qu’il y a entre les deux

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Le 30 juin 2026, Celeste jouait à l’Olympia pour un concert lors de sa tournée pour défendre son nouvel album. Sur scène, un geste simple mais fort : un masque en plastique, mis, enlevé, puis remis. Un écho presque troublant à Woman Of Faces, son second album sorti en novembre 2025, entièrement construit autour des masques que les femmes doivent porter pour exister en société.

Celeste à l'Olympia 2026
Celeste avec son masque lors de son concert à l’Olympia à Paris, le 30 juin 2026 / Credit photo : Anne-Sophie Benoit

Il y a des concerts où la mise en scène raconte autant que les chansons. Celui de Celeste à l’Olympia en fait partie. Dès son entrée, l’artiste britannique porte un masque en plastique. Elle l’enlève. Elle le remet quelques titres plus tard. Elle l’enlève à nouveau. Un geste répété, presque rituel, qui n’est sûrement pas un hasard chez une artiste dont tout l’album tourne autour d’une question : qui sommes-nous derrière les visages qu’on nous force à porter ?

Le masque comme prolongement de l’album

Woman Of Faces parle des masques que les femmes doivent porter pour « faire bonne figure », un sourire de façade, une image lisse, un rôle appris par cœur. Sur scène, Celeste ne se contente pas d’en parler : elle le montre, tout simplement. Ce jeu avec le masque, qu’elle met et enlève, devient une image concrète de ce que raconte l’album. On le porte, on s’en débarrasse, parfois on le remet comme pour rappeler que se libérer des attentes sociales, ça ne se fait jamais d’un coup, mais par étapes, avec des reculs.

Le reste de son attitude sur scène va dans le même sens : rien n’est calculé. Loin des chorégraphies bien réglées, Celeste bouge de façon presque imprévisible : elle s’allonge par terre sans prévenir, marche dans tous les sens sur la scène, enlève ses chaussures en plein concert. Une façon d’être presque naturelle, presque comme chez soi, qui donne l’impression de voir quelqu’un vivre ses émotions en direct plutôt que de suivre un show pensé pour l’image.

Celeste lors de son concert à l'Olympia 2026
Celeste lors de son concert à l’Olympia / Credit photo : Anne-Sophie Benoit

Un public à l’écoute et en fête

Si Woman Of Faces invite à l’introspection, le concert a prouvé qu’il savait aussi faire vibrer les corps. L’ambiance dans la salle oscillait en effet entre une écoute captivante et une immense ferveur. Le public s’est montré particulièrement réactif, exultant entre les morceaux ou vibrant à chaque fois que la chanteuse atteignait des notes impressionnantes.

La foule, loin de rester statique, a intensément dansé et bougé tout au long de la soirée. Pourtant, cette énergie festive n’a pas rompu le charme : par moments, un calme très posé reprenait ses droits, laissant une salle totalement happée, suspendue à ce qui se jouait sur scène.

L’ambiance visuelle, quant à elle, restait très sombre, presque austère. Un choix qui semble cohérent avec l’univers de l’artiste au point de se demander si cette faible lumière n’est pas volontaire, pour éviter les photos trop parfaites et forcer un rapport plus vrai, plus brut, au moment présent.

Le public de Celeste pendant son concert à L'Olympia
Le public de Celeste pendant son concert / Credit photo : Anne-Sophie Benoit

Une palette musicale plus large qu’on ne l’imagine

Le concert a aussi montré un autre visage de Celeste : la variété de sa musique. À côté des titres doux qu’on connaît bien, la setlist a laissé place à des morceaux beaucoup plus intenses, presque rock, avec une vraie couleur britannique entre l’ambiance de Massive Attack ou Portishead et la voix soul d’une Amy Winehouse ou d’une Adele. Une amplitude qui permet de passer, en deux chansons à peine, d’un moment très émouvant à un moment beaucoup plus électrique.

Au milieu du set, le titre When Dreams are Made of Gold a particulièrement marqué les esprits par sa durée et son côté un peu expérimental : un morceau long, presque hypnotique, qui s’est transformé en un véritable voyage sonore.

Pour clore cette expérience en apothéose, Celeste a magistralement enchaîné sur la fin avec This is who I Am, avant de revenir pour un ultime rappel mémorable sur le puissant Strange. Le son de la salle a d’ailleurs été salué à la hauteur de la performance : on entendait aussi bien la richesse des musiciens que la voix de Celeste elle-même : une voix sans artifice, sans autotune, portée uniquement par sa justesse naturelle.

L’intimité, condition de la sincérité

Autre point important : la taille de la salle. L’Olympia, mythique mais à taille humaine comparée à une aréna, semble être l’endroit parfait pour l’univers de Celeste. Cette proximité permet à chaque expression, chaque saut inattendu, chaque moment où elle erre sur scène, de toucher directement le public, quelque chose qui se perdrait sans doute dans un espace plus grand et plus froid.

Celeste pendant son concert à l'Olympia 2026
Celeste / Credit photo : Anne-Sophie Benoit

Tomber le masque, pour de vrai

C’est peut-être ça, le bon angle pour raconter ce qui s’est passé à l’Olympia : Celeste n’a pas eu besoin d’un grand discours pour toucher son public, elle lui a offert un symbole. En mettant puis en enlevant ce masque en plastique tout au long du concert, elle a rendu visible ce que son album raconte en creux le poids des masques sociaux, et la difficulté, mais aussi la nécessité, de s’en défaire. Le public de l’Olympia n’a pas seulement écouté Woman Of Faces. Il l’a vu se jouer, pour de vrai, sous ses yeux.

Woman Of Faces, disponible depuis le 14 novembre 2025.


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