MJF 2025 Part 1 : Raye, Leon Bridges… R&B, soul et émotions brutes

L’édition 2025 du Montreux Jazz Festival bat son plein (du 04 au 19 juillet) et il est l’heure de nos chroniques musicales annuelles au cœur de l’évènement.
On vous l’a déjà pas mal répété ces dernières années, mais Montreux c’est un festival MY-THO-LO-GI-QUE. Where Legends Are Born
Cette année, c’est 30 millions de budget pour 15 scènes, une soixantaine de concerts payants et plus de 600 concerts et activités gratuites sur deux semaines – avec une programmation totalisant 82 Grammys.
Depuis trois ans maintenant, on s’est pris de passion pour ce festival foisonnant qui continue d’écrire l’histoire de la musique chaque été sous nos yeux.
On vous raconte notre première semaine au MJF 2025, en commençant par les concerts qu’on est allés voir à la Lake Stage et au Casino les 09 et 13 juillet.
Au programme : de la pop, de la soul et du R&B avec Raye, Leon Bridges et Peter Cat Recording Co.
Raye s’impose comme la queen de Montreux

Quand on vous dit que Montreux, c’est plus que de simples concerts, mais des liens profonds qui se tissent entre les publics, les artistes et le festival, Raye en est le parfait exemple.
L’année dernière, la queen du R&B UK avait marqué les esprits avec un concert d’anthologie. Cette année, elle remet ça — à la demande populaire. Le festival aime entretenir des love stories avec ses artistes, et depuis l’année dernière, entre Raye et Montreux, c’est l’amour fou.
D’ailleurs, pendant son show cette année, l’artiste revient avec émotion sur son lien unique avec le festival, ses origines suisses, l’album live que son concert de 2024 a engendré, et à quel point être une figure majeure de l’événement deux années de suite a marqué un tournant dans sa carrière. Comme si ses performances ici lui permettaient de toucher un sommet artistique.
Ce soir-là, avec le coucher de soleil en fond sur le lac Léman, elle prend la dimension d’une diva intemporelle. Elle mène son band XXL d’une main de maître, dicte les breaks à son batteur, cherche les réponses endiablées de sa section cuivre (six musiciens !).
Un live de Raye, c’est la perfection technique qui rencontre la spontanéité et l’authenticité. Sa voix sublime embrasse tous ses registres de prédilection : soul, R&B, jazz, pop.
Quand elle est sur scène à Montreux, Raye marche sur l’eau du lac. Et nous, on admire, bouche bée.
On vous conseille d’écouter l’album live de Raye au Montreux Jazz 2024 en cliquant ici
Peter Cat Recording Co. : la belle découverte psyché

Autre ambiance au Casino. Dans un décor intimiste, on découvre l’univers psychédélique de Peter Cat Recording Co. Comme chaque année, le MJF réserve aussi une place de choix à des artistes plus alternatifs qui apportent une diversité exceptionnelle au festival.
Le groupe indien originaire de Delhi dessine des grooves hybrides qui floutent les frontières entre pop alternative, jazz et indie-rock psyché. Le genre de musique qui fait voyager, tant les influences sont variées.
Sur scène, les cinq musiciens installent une atmosphère subtile et contemplative. Leur son live mêle des sonorités analogiques très psychédéliques (claviers, synthés, harmonium) à la chaleur d’instruments acoustiques (trompette, sax, clarinette, guitares).
Dans ce paysage musical atypique, le chanteur nous embarque dans une forme de douce nonchalance, avec sa voix de velours et son allure de dandy rétro.
Une vraie révélation. Merci Montreux pour cette belle découverte.
Écoutez BETA, le dernier album de Peter Cat Recording Co. en cliquant ici
Leon Bridges : la soul intemporelle qui touche l’âme

Cerise sur le gâteau de cette soirée au Casino : Leon Bridges.
Depuis une dizaine d’années maintenant, le soulman réinvente la soul et le R&B à travers son prisme moderne. Son premier album sonnait comme un hommage vibrant à la soul rétro. On voyait en lui le digne héritier de Sam Cooke et Otis Redding.
Mais Leon a ensuite bifurqué vers des sonorités R&B plus contemporaines. Ce soir, il célèbre ses 36 ans sur scène à Montreux, et vient défendre un nouvel album qui marque un retour aux sources, teinté de folk et de country.
Déjà dans le style, Leon joue les crooners texans : denim intégral et bottes de cowboy. Musicalement, le virage est clair : guitares acoustiques, pedal steel et arrangements organiques viennent enrichir cette nouvelle couleur musicale.
« J’écris des balades pour cowboys maintenant », dit-il avec humour, avant de nous offrir en exclusivité un nouveau titre intitulé Hold On.
Sa voix suave, portée par une prestance sobre et élégante, nous embarque dans un voyage entre passé et présent. Better Man, Smooth Sailing, Texas Sun, River, Beyond… Chaque morceau est une scène vivante du sud des États-Unis.
Leon Bridges est définitivement l’un des soulmen les plus talentueux de sa génération — et ce soir encore, il l’a prouvé avec un concert envoûtant.
Le dernier album de Leon Bridges à écouter en cliquant ici
Brèves des scènes OFF
Montreux, ce n’est pas que les scènes payantes. Les concerts off sont un véritable vivier de talents, une bouffée d’air frais qui nourrit le festival.
- Diggin a assuré l’ouverture du festival deux soirs de suite au Funky Claude avec une indie-soul novatrice dont on vous avait déjà parlé dans cet article. Vous pouvez découvrir leur nouveau single Strangecold en cliquant ici
- Lusaint a impressionné tout le monde, d’abord sur la Super Bock Stage puis à la jam du Memphis. Groove soul maîtrisé, charisme naturel… Un vrai coup de cœur collectif. On vous en dis plus sur elle dans cet article et vous pouvez écouter sa musique ici.
- Kuma, c’est une vision du futur : un jazz feutré sous influences house, pour un concert planant sur la terrasse Nestlé.
On vous conseille fortement d’écouter leur album Honey & Groat. - Marie Jay s’impose comme la nouvelle étoile de la pop suisse romande. Son concert à la Spotlight Stage a pris la forme d’un beau moment de communion avec sa fanbase. Découvrez son univers sensible ici.
- Theodora affole tout sur son passage dans le rap game en ce moment. Forcément, son concert gratuit à la Spotlight Stage était un vrai événement.
Il fallait réserver à l’avance, et la foule restée dehors s’est massée autour du lieu pour écouter à travers les murs, dans une hystérie collective aussi rare que jubilatoire. Et vous? Vous streamez Theodora ?
Soul, pop, et passion : Montreux a encore frappé
Ce premier acte du Montreux Jazz Festival 2025 montre que la scène peut être à la fois un refuge intimiste et un espace de fête partagée.
Qu’il s’agisse de la puissance brute de Raye, de la transe hypnotique de Peter Cat Recording Co ou de la douceur intemporelle de Leon Bridges, l’émotion est partout, à fleur de peau.
Montreux continue de jouer son rôle de carrefour des musiques actuelles, mêlant sincérité et énergie, légendes et révélations, dans une célébration vibrante et chaleureuse.
Partie 2 de nos chroniques montreusiennes à suivre dans les prochains jours… avec une programmation résolument plus rock’n’roll cette fois !
Crédits photos, Montreux Jazz Festival : Emilien Itim, Thea Moser, Lionel Flusin, Amelie Chatelard, Marc Ducrest, Anoush Abrar
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