Confinement | Les musiciens de Lyon tournent la crise à leur avantage.

Confinement | Les musiciens de Lyon tournent la crise à leur avantage.

La Covid-19 n’est plus une crise mais une opportunité ! C’est la chance pour les musiciens de consacrer plus de temps à la création. En début d’activité, les premiers défis résident en effet dans l’accomplissement de sa direction artistique d’une part, et le maintien d’un rythme de tournée suffisamment soutenu d’autre part, afin d’assurer son intermittence. Une course aux dates susceptible de freiner l’aboutissement de ses créations.

Contraints au repli sur soi, la situation débouche de fait sur une meilleure conscience de soi. Les artistes lyonnais brillent d’éclats neufs, bien que confinés seuls.

Confinement : cocon pour achever son développement artistique.

Compositeur et arrangeur, Pierre-Louis Varnier se révèle comme un pianiste remarquable sur Lyon. Il contribue aux groupes les plus en vue de la région (dont Uptown Lovers) avant de s’affirmer sur la scène jazz avec son propre projet de composition, Obsidiane.

Carrière lancée, en temps normal, le jeune claviériste voyage constamment, alternant dates de festival et concerts d’animation. Depuis les restrictions de couvre-feu et l’avènement du confinement, le rythme n’est plus le même. Pour autant, Pierre-Louis y voit là une nouvelle opportunité.

« Je trouve que le fait de passer beaucoup de temps avec soi-même me permet d’explorer toutes les branches de l’art, explique-t-il.

Et j’ai l’impression que je m’assume mieux, comme je suis moins trimbalé entre pleins de répètes et plein d’événements, je suis plus centré sur moi-même et je me connais mieux artistiquement. »

Preuve en est, l’artiste mature de nouvelles disciplines et couple ainsi l’art de l’illustration à sa musique. Ce qui lui permet d’esquisser le nouveau branding d’un des groupes émergents qu’il accompagne : le trio de jazz fusion Jasual Cazz.

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Une illustration futuriste, à l’image de l’esthétique sonore du projet.

Besoin de travailler en collectif malgré tout

On ne peut cependant ignorer l’impact considérable de la distanciation sociale sur la santé mentale des artistes. Arrachés à leur public, pour les auteurs-interprètes, confinement rime bien tristement avec isolement. Désillusion, dépression, la chanteuse et pianiste Elodie Mam’s est passée par toutes les émotions.

« En réalité, je suis passée par beaucoup de phases différentes. Ça a commencé au premier confinement, et ça a été terrible, parce que juste avant je suis partie (jouer) en Estonie, confie-t-elle. Ce voyage m’a poussée à partir à l’aventure et me sentir inarrêtable – tu peux tout faire. Rencontrer des gens, parler anglais, ça m’a requinqué en termes de créativité. Et il y a eu le confinement… ».

Mis en cage, l’oiseau ne chante plus pareil. Elodie avoue avoir besoin de travailler en collectif pour s’épanouir artistiquement. Bien que reconnue pour son talent pour arranger les plus belles chansons Pop en solo, Elodie Mam’s compose mieux entourée de ses musiciens.

« J’arrive pas à tirer profit de l’isolement, parce qu’en fait, moi j’ai besoin de concret, d’enjeu et de rencontrer des gens pour être dans le vif du sujet, affirme la chanteuse. Quand j’ai pu retourner en résidence […] c’était incroyable et j’ai retrouvé une vraie créativité depuis. »

Après avoir commencé sa carrière portée par le jazz (Equinox Trio), Elodie prépare une nouvelle création aux sonorités Neo-Soul et Trap/R&B. En mars 2021, le Voiron Jazz Festival l’accueille pour une résidence de deux jours. L’autrice-compositrice-interprète rayonnait de joie quant à retrouver toute son équipe d’instrumentistes. Sensations de renouveau et de liberté, l’oiseau rechante au réveil.

Continuer à créer dans les meilleures conditions.

Les conditions de travail des musiciens restent encore méconnues du grand public. Or, construire un spectacle d’1h30 demande plusieurs mois d’investissement. De la prise de connaissance du répertoire, aux sessions de rodages, jusqu’à la présence scénique, préparer un concert nécessite une organisation méticuleuse et un bon management des équipes. De même, avant d’enregistrer un album en studio, maîtriser pleinement l’interprétation de chaque morceau, et aboutir la recherche sonore exigent plusieurs mois voire même années, selon l’ambition de l’œuvre.

C’est pour cela que le travail en collectif reste une nécessité. Le confinement impacte manifestement le management des équipes artistiques, réduites au travail à distance. Cependant, cela ralentit les projets de créations, déjà lents et chronophages par essence.

Heureusement, les lieux de culture de la Métropole continuent de soutenir le métier de scène et maintiennent des temps de résidences et de répétitions. Les musiciens professionnels peuvent ainsi compter sur le soutien du Sucre, du Bizzarre! Vénissieux, et du Ninkasi Kao, entre autres.

Paradoxalement, cette période sans concert ne laisse aucunement les lieux de spectacles sans vie. Au contraire, elle renforce même leur proximité avec les artistes.

Solidarité, confiance sont les mots d’ordre pour le Hot Club de Lyon. Son association œuvre depuis des années à soutenir et accompagner le développement de carrières d’artistes. Dernièrement, dans cette démarche, le club collabore avec les structures culturelles du territoire.

 « Notre partenariat avec Jazz Ra nous permet de rentrer dans le cadre de Impulse!, [dispositif d’urgence de soutien à la résidence et à la rencontre artistique], informe Victoire Thomas, chargée de communication du Hot Club Lyon.

On fait aussi des partenariats avec le Conservatoire et l’ENM, ajoute-t-elle. L’année dernière on a mis en place une formation sur le thème de la création d’un disque et tout ce que ça comprend.

[…] L’idée était de présenter les étapes de création d’un disque et comment le promouvoir, démarcher les labels et les tourneurs, s’intégrer sur les programmations, etc. C’est vraiment de l’accompagnement pour la professionnalisation des artistes amateurs. »

Intra-muros, au cours de la saison 2019-2020, le club a déjà accueilli plus de 300 fois des artistes locaux et adhérents venus répéter. En plus de cette mise à disposition, le club de jazz prévoit prochainement « de s’équiper en caméra pour proposer aux artistes de faire une captation ou un livestream, pour des concerts comme pour des répétitions, s’ils le souhaitent » confirme Victoire Thomas.

En retour, les musiciens montrent leur reconnaissance et prouvent leur affection pour leur lieu et sont eux aussi actifs à la vie du Hot. Dans un esprit presque familial, les coopérations naissent naturellement et des cocréations entre le Hot et ses musiciens résidents voient le jour.

Le Hot Club de Lyon concrétise un partenariat avec la violoncelliste Audrey Podrini.

Ce reportage est le résultat d’années de confiance entre un lieu de culture et ses musiciens habitués.

La violoncelliste, compositrice et réalisatrice Audrey Podrini fait partie du réseau des musiciens adhérents du Hot Club. Travaillant dans la transmission culturelle et sensible la volonté du Hot de mettre en valeur le patrimoine lyonnais, elle profite de la crise Covid-19 pour annoncer un concept novateur : un Rendez-Vous Jazz, une émission à voir en livestream depuis le cœur du lieu mythique.

Il s’agit d’un reportage en hommage à Duke Ellington, président d’honneur et père spirituel du Hot Club. La réalisation réunit 11 formations jazz lyonnaises, toutes composées de membres adhérents de l’association du Hot.

« J’ai proposé au Hot Club un partenariat pour le projet sur Duke Ellington, explique la violoncelliste. […] A l’idée du projet, Isabelle, la présidente du Hot Club, était très enthousiaste.

Audrey ajoute : la période de covid est ce qu’elle est avec ses défauts, mais du coup y a aussi des choses qui sortent et que l’on n’aurait sûrement pas faites en temps normal. Peut-être que j’en n’aurai pas eu l’idée en temps normal. […] »

Un souffle de fraîcheur et de joie de revoir des instrumentistes réunis à nouveau. Suite à la réussite de ce premier pilote, Audrey confirme la préparation d’un deuxième volet.  

L’essence du musicien : relever le positif, même au milieu d’une crise.

Japhet Boristhène, batteur et compositeur réunionnais installé à Lyon a eu la chance de jouer sur la scène du Hot Club, avec le groupe ELECTROPHAZZ. Lui aussi confirme l’opportunité de clarifier sa mission artistique : offrir un message d’espoir avec son art.

« Faire oublier le covid aux gens avec des teintes musicales qui pourraient leur rappeler des images positives, mon but c’est ça. Partager mon expérience, partager ma positivité », affirme-t-il.

Marcus Gon

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