NEMIR – Sortie de Son 1er Album ; Sourire Ou Souffrir, La Vie Il Faut Se La Vivre

Némir le solaire, Némir le lion, Némir le gitano… Nems dévoile enfin son 1er album éponyme ce vendredi 6 Septembre 2019. NEMIR révèle les pensées les plus noires de l’artiste, chantées avec sourire.

Fous rires en délire, avant de souffrir de douleurs de cœurs (Elle M’a Eu), amours en furie (Habibi, qui signifie mon amour en arabe), NEMIR rature des écrits esseulé dans l’ire et le trouble des sentiments, énumère les erreurs, compte les leçons.  

De sa voix joueuse, un brin éraillé et dansant, il trouve le moyen de rester joyeux et de communiquer une joie sans le poids de la vie à ses auditeurs. Gagner ou perdre, sourire ou souffrir, la vie est comme un jeu, il faut se la vivre (Henri Salvador). C’est là la moralité de son album autobiographique.

A l’écoute de l’instrumentation, on se sent léger, en paix, fly. Parlant instrumentation le 15 titres forme un ensemble cohérent, avec une signature sonore bien distincte et personnalisée. Les airs de guitare, les rythmes latinos, les toplines, les ambiances… on plonge les yeux fermés dans un univers homogène, ce qui participe à la fluidité dans l’écoute de l’album.

Multiples clins d’oeil à ses débuts de carrière et à la culture gitane dans son album… Sur Ma Vie renvoie au premier featuring de Nemir avec Alpha Wann sur Wake Up, avec la même référence au répondeur du Phaal dormeur.

C’est en effet le rap qui a fait son lit et lui a créé des insomnies, où il a appris que la lumière se nourrit de l’ombre, et la mélancolie de la joie. « En vrai, ça sert … », tout sert, les études, la vie dure, perdre son temps, détruire sa vie et finir par se marrer.

« Je suis un solaire qui cache des obscurités, un euphorique qui a ses descentes, des cycles », confie Némir qui publie son 1er album, album solidement composite où, poursuit le Perpignanais, « je ne suis ni dans le drame fatal, ni dans le bonheur absolu. Juste dans la vie ». Ephémère et volatile, la musique avait jusqu’alors aidé le jeune homme « à passer les jours ».

Némir est l’expression de son quartier, le quartier Saint-Jacques de Perpignan, ruelles étroites et places lumineuses, un quartier de Gitans, où l’on boit un verre, et puis un autre, et encore un, et où la nuit s’écoule en ronds de fumée.

L’album reprend donc l’histoire à son début, et la mouline : les Gitans, avec leurs guitares de rumberos catalans, incarné ici par Antoine « Tato » Garcia, qui participa à l’extraordinaire aventure de Tekameli, groupe de Gitans de Perpignan qui mêlait l’esprit de la fête et les chants sacrés.

« Moi j’étais fasciné par les chants religieux de ces Gitans magnifiques », explique Némir. « A Saint-Jacques, nous sommes aussi très latinos. Les Gitans eux-mêmes ont beaucoup voyagé en bateau et ont ramené les influences cubaines. Tout cela est presque inconscient. Comment placer les accords, les rythmiques, rien n’est calculé ».

Après des débuts de minot à la Casa Musicale, un lieu bouillonnant installé dans un ancien garage de l’armée du quartier Saint-Jacques, Némir s’insère très vite dans un écosystème mi dansant, mi-conscient où figure Youssoupha, à qui il donne la réplique dans l’album NGRTD, mais aussi Hamé, de La Rumeur, tenant d’un rap très politique, Perpignanais comme lui.

Enfin Nekfeu, rencontré à la Flèche d’or à Paris lors d’un free-style en 2012 et qui l’invite sur l’album Feu (notamment pour le titre coécrit Princesse) puis sur Cyborg. En retour, Nems invite Ken sur DPLT (Depuis Le Temps) sur une prod boum-bap à l’ancienne, style Biggie/Puff Daddy, pour l’amour pur du rap.

Le champ lexical et la récurrence de certaines lignes résonnent avec Dernier Soupir de Nekfeu, extrait des Etoiles Vagabondes (Expansion) lorsqu’il clame “Jeune épatant, que des battants  / Jeune épatant, pour toi je n’ai pas l’temps”.

Compositeur et complice de toujours, En’zoo [Enzo Serra] d’origine italienne, a travaillé avec ces défricheurs du nouveau rap français : Nekfeu, Spri Noir, Alpha Wann, Gro Mo, qui offre sa collaboration sur la dernière piste de l’album.

A la base, il y avait un défi : « chanter avec un placement rap. Dans le rap, il faut être juste, légitime, et moi j’ai toujours des doutes. Mais j’ai compris que, la légitimité, c’est nous qui nous la donnions. Si l’on est certain de cela, on ne donne pas aux autres l’occasion de se poser des questions ». Défi remporté pour le rebelle à crinière de lion.

Némir a voué une passion entière au rap, fasciné par « La Rumeur autant que par A Tribe Called Quest, puis j’ai écouté de la soul, D’Angelo, Michael Jackson, et toutes ces voix de tête. Ils m’ont donné de la substance, aidé à être maître de ce qui nous entoure. Je suis obsessionnel, mais la légèreté est devenue un leitmotiv, une façon de ne pas prendre la vie trop frontalement. Ainsi dans “NEMIR”, j’aborde le rapport social à mon environnement, et le couple, car l’amour m’obsède ».

Mixé à New York par Lionel ElSound, ce 1er album a été masterisé par Dave Kutch (Alicia Keys, Puff Daddy…) « un rêve de gosse », selon Némir.

 

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