Karine Zarka – La Richesse D’Une Double Culture (Interview)

Le retour aux sources, quelque chose de providentiel…

Nos origines n’auront de cesse de nous rattraper, quelque soit la voie qu’empreintent nos vies.

Nos racines finissent toujours par nous ramener sur terre, et, quelle qu’en soit la façon, c’en est assez ressourçant.

Peut en témoigner Karine Zarka, pour qui ses origines et racines se manifestent comme source d’inspiration pour l’écriture de son troisième album, après les sorties de son premier opus en 2007, 5 à 7, et de son deuxième album en 2013, Folles Sagesses.

 

Le retour aux sources est quelque chose d’essentiel, abordé déjà avec divers artistes concernés, sur Sounds So Beautiful, tels que Julie Zenatti pour la culture méditerranéenne, JJ Soulx ou encore Patricia Essong pour la culture africaine.

Karine Zarka nous en parle elle-même de ses racines juives et tunisiennes dans l’interview qui suit.

 

INTERVIEW

 

SSB: Quelle est ta vision pour ce nouvel album ? Quelles sont tes intentions pour ce nouveau projet ?

Karine Zarka: L’écriture de cet album sera guidée par un retours vers mes origines.

Je suis issue de deux paents Tunisiens ; ma mère est arrivée en France à l’âge de 17 ans, mon père, de Tunisie et aussi d’Israël, est arrivé lui à l’âge de 20 ans.

C’était pendant les années 1960-1970, à l’époque de la diaspora Juive en Tunisie.

 

J’ai baigné dans une double culture. Mon père parlait 3 langues (français, arabe, hébreu).

Malgré tout, je ne parle pas la langue de mes parents, et je m’aperçois aujourd’hui que j’en souffre. J’aurais aimé savoir parler arabe.

Par exemple à la maison, ma mère ne parlait en arabe que quand elle ne voulait pas que je comprenne ce qu’elle allait dire.

SSB: Je comprends, certains parents font ça pour se préserver. Ce qui peut être regrettable pour l’enfant qui a soif de cette transmission du langage.

Karine Zarka: En revanche, j’ai grandi avec une vrai culture musicale arabo-hébreuse.

SSB: Comment vas-tu concrètement procéder pour ce retour vers tes origines ? 

Karine Zarka: J’effectue des recherches sur l’histoire de ma famille depuis l’époque où les Juifs sont chassés de Tunisie.

C’est à partir de 1947-1948 que les temps deviennent difficile et conflictuels entre arabes et juifs, avec la naissance de l’Etat Juif, et la proclamation d’indépendance de l’Etat d’Israël l’année suivante.

Entre 1948 et 1955, environ 25 000 Juifs quittent la Tunisie pour la France.

Aujourd’hui, la Tunisie ne compte plus que 2 000 Juifs (contre près de 100 000 en 1948) et sont considérés comme des citoyens à part entière, surtout depuis les années 1990.

Les exilés de la diaspora juive tunisienne conservent toutefois un lien très fort avec leur pays d’origine.

SSB: Tes parents, ont quitté la Tunisie pour la France alors qu’ils étaient encore jeunes et ils ont eux aussi gardé un lien très fort avec leur pays d’origine. Qu’est-ce qu’il ressort quand ils partagent leurs souvenirs de la Tunisie.

Karine Zarka: Ce qui ressort c’est l’amour de leur pays. C’est surtout ce souvenir de Liberté. Outre la nostalgie du soleil, des plages et des citronades, c’est véritablement le souvenir d’une Jeunesse libre. Même Libre de moeurs, ça ne dérangeait pas d’être en mini-jupe.

Aujourd’hui, les temps ont quelques peu changé, et, pour reprendre cette citation d’un pêcheur, “la seule liberté se trouve en mer”. C’est le seul endroit où l’on est vraiment libre d’agir comme on veut, sans se soucier du regard des gens.

SSB: Pour revenir sur ta musique, comment as-tu évolué musicalement, de 2013 à maintenant ?

Karine Zarka: La chanson et le style jazzy, swing, ont toujours été au coeur de ma musique. Et j’associe de plus en plus une couleur orientale.

SSB: Oui, cette couleur orientale s’observe dans Un Printemps à Tunis avec les paroles en arabe, et même dans ta façon de faire du bebop sur scène, cela s’entend dans certaines accentuations. Par ailleurs, comment challenges-tu ta créativité ?

Karine Zarka: Je tiens déjà une certaine rigueur pour mon processus créatif. Tous les jours j’écris, toujours en privilégiant le papier et le crayon.

SSB: As-tu des lieux de prédilections pour écrire ?

Karine Zarka: En général au calme, chez moi. Cela me permet de faire des aller-retours avec le piano.

SSB: Je vois que tu es chef de choeur et que tu donnes aussi des cours de chant ? Quelles méthodes de chant apprend-on dans tes cours ?

Karine Zarka: Oui, je travaille principalement sur la rythmique, notamment le rythme corporel. J’apprends à mes élèves à quel point le chant doit être vécu dans le corps. On se concentre sur la respiration (ventrale), et on utilise aussi des accessoires comme des bâtons.

En tant que chef de choeur, je travaille plus sur l’interprétation et le “lâcher-prise”, au sens de vivre la musique.

J’ai personnellement vécu cet effet “lâcher-prise” en passant du classique au jazz.

SSB: Très bien. Pour finir, comment se présente la saison 2017-2018 ?

Karine Zarka: Quelques dates sont prévues dont une le 20 mai à Saint Marcelin et une autre le 30 Juin à Ste Foy-lès-Lyon. L’album lui sera plus prévu pour 2018.

SSB: Merci pour ce bel échange !

 

 

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