Electrophazz – L’Art De Laisser Briller Sa Vraie Nature

“J’oublie mes manquements, mes ratures

Être ici est ma vraie nature, [Stars]

Derrière les nuages, mon étoile, [Flyin High]

Le rideau s’ouvre, s’élève le voile [Electric City]

Est-ce là qu’est ma place, car je sens votre lumière, [Summer In Your Eyes]

Je laisse fondre la glace, et commence la prière, [Carry Me Home]

Avec vous en miroir, d’un seul coup je me sens fier [Stronger]

Si fier de vous, de moi, que l’on soit [My People]

L’Art et La Manière

Ce 24 Février marque la sortie officielle de l’album des Electrophazz, Electric City, disponible partout.

Cet album est l’album de la maturité, l’album le plus assumé, le plus maîtrisé, reflet de la vraie nature du groupe.

Cette nouvelle création est certes une évolution dans leur art, mais reste néanmoins entièrement fidèle à l’âme du projet :

Sensibilité, sincérité (parfois crue tant cette sincérité est frappante et émouvante), humanité, écriture à coeur ouvert.

Le tout enrobé de positivité, de sourire, de lumière et de chaleur.

Electric City, finalement, c’est un contraste entre chaud et froid,

C’est l’art et la manière d’apprendre à découvrir sa vraie nature, à l’apprécier, l’aimer telle qu’elle est , embrasser sa vie dans toutes ses nuances,

Et garder la paix dans un monde qui ne dort jamais et qui tourne parfois à la vitesse de la lumière.

De fait Electric City c’est la mise en avant d’individus qui illuminent leur environnement par la beauté de leur âme qui se laisse découvrir au fur et à mesure de leur musique.

La composition imaginative est étudiée pour être cinématique, la musique d’Electrophazz est assimilable à de la musique à l’image.

Le titre le plus illustrateur de cette affirmation est Flyin’ High.

La batterie y joue un grand rôle du début à la fin, pendant que la basse (Yann Phayphet) et les effets sonores semblables aux bruits étranges dans la jungle, installent un suspens pesant.

Les choeurs et les envolées de la voix de Celia Kameni au refrain sont autant d’effets d’annonce d’une apogée vers d’autres cieux.

Le second couplet annonce une course, un élan avant le pont pour le décollage avant le vol ultime.

L’écriture de cette chanson rappelle ainsi un de leur titre phare The Race dans l’idée.

Tim Campanella à la batterie conclue l’histoire, avec puissance et prestance telle un aigle qui bat des ailes au delà des sommets; le jeu de la cymbale charleston et de la caisse claire donnent parfaitement cette idée d’ailes qui se débattent lors du décollage.

D’une certaine manière cette conclusion explosive à la batterie peut faire écho à la bande originale du film Birdman, où le jeu de baguettes donne l’impression d’entendre jusq’au plumage d’un oiseau.

Quand il ne joue pas un élégant air de Jazz au piano, ou une apaisante mélodie inspirée de Gospel et de Soul,

David Marion innove de variations sonores au clavier qui projettent diverses perspectives et donnent un effet aérien à la musique du groupe ; certaines sonorités rappellent l’élégance de Robert Glasper.

Une musique légère comme une plume portée par le souffle de la section cuivre (Yacha Berdah, Antoine Viallefont, Jean Alain Boissy)

Cette légèreté associée à la douceur des voix chantées et à un débit de Rap poétique, incisif et suggestif sans être agressif.

Plus encore, il semble que le rappeur NotaBene utilise son flow comme un instrument aussi furtif que le jeu de David Marion au piano. Le rappeur s’accorde synchrone tels des percussions avec les rythmes du clavier.

Comme si pour chaque mot sa langue battait sur ses dents et ses lèvres comme les baguettes sur le rimshot ou le tambour, ou encore comme les touches du keyboard.

Il manie assez bien le verbe pour raconter tout genre d’histoire, et sa poésie est assez touchante pour faire vibrer les plus endurcis de coeur.

C’est la sincérité de sa plume qui le rend si touchant et résulte de chansons parfois même dures à écouter car débordant d’émotions – Carry Me Home, Stronger.

Les influences d’Eminem et Kendrick Lamar entre autres, sont notables dans son vocabulaire et la manière avec laquelle il découpe ses syllabes.

Par ailleurs, on dit de Kendrick Lamar qu’il est fait pour jouer sur du Jazz et fusionner ce genre au Hip Hop, utilisant sa voix comme un pur instrument.

Pour un projet hybride tel que Electrophazz qui combine Jazz Hip Hop Soul et assume de plus en plus son style Urbain, de telles inspirations resteraient cohérentes et n’entachent en rien la couleur de son art.

My People, qui est un des nombreux titres pouvant être un single ou un hit où lui seul, est une preuve que le groupe prône sa couleur urbaine, voire RnB, plus qu’elle ne l’a jamais fait dans le passé.

Parmi les potentiels hits, qui auraient pu faire office de single au même titre que Color The World

On peut compter Electric City, l’introduction avec perspective en plongée dans l’univers coloré de l’album, Stars, avec la révélation de Thaïs Lopes De Pina (ou la redécouverte) du caractère dans sa voix et surtout dans son surprenant talent au rap.

Caractère sans artifice (just be true to who you are), la chanteuse est de nature à briller, telles ces étoiles dont l’éclat ne s’efface pas de la mémoire.

Love Is My Choice est l’hymne de l’album.

Un anthem, le titre le plus fidèle à l’ADN du groupe (avec Color The World), fondé sur une expérience purement humaine, et soudé dans un amour fraternel et inconditionnel.

On a pour habitude de la comparer à Lauryn Hill quand elle rappe avec son chapeau, ou Erykah Badu, quand elle illumine la scène, mais dans ce refrain, Love Is My Choice, la signature vocale n’est autre que de Célia Kameni. 

Cet hymne à l’Amour inexténuable résonne au son du saxophone de Jean Alain Boissy qui jamais ne s’essouffle.

Au contraire, il opère parfois même comme un second souffle pour NotaBene dans Data Flow, lui-même à bout de souffle après la très dure et pesante track Carry Me Home.

Le contraste d’énergie qui opère entre ces deux chansons qui se suivent est très intelligent, provoquant un réel ascenseur émotionnel.

Data Flow a presque un effet de dopamine et rappellerait presque le contraste entre U et Alright dans To Pimp A Butterfly.

Enfin cette parenthèse Funky de l’album où les instruments ont plus d’espace que les voix, avec solos de cuivres et de clavier constitue un fidèle aperçu des concerts festifs du collectif.

The Monster est aussi à compter parmi les potentiels singles.

Un vrai déchaînement d’énergie Derrière le Monster se cache un être qui rêvait d’être Stronger…

Le son le plus pop de l’album, c’est le blockbuster de cette collection si colorée.

Par ailleurs c’est aussi le titre où les chanteurs ont pu le plus se lâcher, faire exploser leur energie dans le studio.

 

Pour finir, L’Art Et La Manière est la surprise française pour cet album d’un groupe influencé des couleurs Américaines, jouant même sur scène avec un performer originaire des Etats Unis (Keven Smith).

Si l’on parlait de l’ADN d’Electrophazz, l’introduction pianistique et les paroles du refrain (co-écrites par Léopoldine Angot) reflètent l’âme du groupe et surtout de cet album de la maturité qu’est Electric City.

Le poème réécrit la vie de ces artistes, en constante remise en question, dans l’espoir de trouver un jour la réponse :

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