Première soirée au Cully Jazz : vous êtes plutôt piano ou guitare ?
La saison des festivals est lancée.
Cette année, on continue nos virées en Suisse et on vous emmène au Cully Jazz Festival, un petit bijou niché dans un village de vignerons du Lavaux, au bord du lac Léman.
L’idéal avec ce festival, c’est qu’il arrive tôt dans l’année, dès les premières lueurs du printemps.
Alors qu’on crève tous d’envie de revoir un peu le soleil, le Cully Jazz nous invite à venir écouter de la musique live et profiter des premiers beaux jours au bord du lac – du 4 au 12 avril.
On y est allé le samedi 5 avril, histoire de prendre un peu la température. Autant dire qu’on n’était pas les seuls à avoir eu l’idée. Ça grouille de monde et la partie OFF du festival est en pleine effervescence : dans les caveaux, la musique résonne.
Nous, on file au Chapiteau, une des scènes payantes du festival, qui accueille environ 1100 personnes dans une configuration assise ce soir-là.
On commence par une soirée à la programmation pointue qui met à l’honneur le jazz instrumental, et qui pose une grande question :
Toi, t’es plutôt piano ou guitare ?
Ambiance club de jazz sous le Chapiteau : au programme, 3 concerts, des touches blanches et noires, du bois noble et des cordes.
Team Guitare : John Scofield, le maître tranquille
On a le privilège d’écouter John Scofield, une vieille légende du jazz qui revient faire un tour à Cully. Il a écrit l’histoire de cette musique aux côtés de Wes Montgomery, Charles Mingus, Chet Baker, Billy Cobham, Miles Davis, Herbie Hancock… Ce soir, on l’écoute religieusement.
Pas de chichi : Scofield est là avec son trio fétiche. Vincent Archer à la contrebasse, Bill Stewart à la batterie. Une base solide. Lui, 73 ans au compteur, caresse sa guitare hollowbody noire. Le son est chaud, rond. Il balance des lignes mélodiques jazzy, des accords funky, des riffs bluesy.
Le tout avec cette nonchalance de ceux qui n’ont plus rien à prouver, mais encore tout à dire.

Ils rejouent des morceaux à lui, des standards. Un Coltrane. Un Miles Davis. Et nous, on est transportés dans un club enfumé du Lower East Side, quelque part dans les années 70.
Team Piano : PianoForte, quatre claviers pour une scène
Si vous êtes plutôt team piano, pas de souci.
PianoForte, c’est un quatuor exceptionnel de claviéristes français renommés qui a déjà écumé tous les plus grands festivals de jazz.
Sur scène, on a donc quatre maîtres du clavier : Baptiste Trotignon, Bojan Z, Éric Legnini et Pierre de Bethmann. À eux quatre, ils se partagent deux pianos et deux Rhodes. Huit mains qui s’entrelacent, se répondent, se défient.

Ils revisitent des standards et des compos originales. Virtuoses dans les arrangements, ils explorent toutes les nuances du piano acoustique et électrique. Du groove à l’émotion, c’est un vrai jeu de ping-pong musical, fluide et généreux.
En fait… Plutôt les deux – Vincent Schmidt et Natan Niddam
Mais rassurez-vous, cette soirée va rassembler tous les amateurs de piano ET de guitare sous la même bannière grâce à un très beau set d’ouverture. À vrai dire, notre concert préféré de la soirée, car on aime vous présenter des artistes émergents qui ont du talent – et là, on tient une pépite.
Deux musiciens hyperactifs de la scène vaudoise, qui cumulent les projets à succès.
D’un côté, on a Vincent Schmidt, guitariste de talent qui accompagne régulièrement des artistes tels qu’A.W.A ou Uncle Maximilien dans ses Washboard Sessions.
De l’autre, on a Natan Niddam, claviériste et chanteur, qu’on voit évoluer notamment avec NNAVY et ELÆNA – groupe qui tient d’ailleurs la résidence au Caveau des Vignerons durant toute la durée du festival.
Mais ce soir, sur la scène du Chapiteau, ils nous présentent les compositions originales issues de leur album en duo We’ll Get There, Eventually.
Une musique intimiste et acoustique qui prend la forme d’une douce conversation entre piano et guitare. La musique de Vincent et Natan, c’est aussi un peu la rencontre du folk et du jazz, créant une musique intemporelle qui raconte des histoires.
On assiste à un beau dialogue entre les deux musiciens à travers leurs envolées synchronisées de guitare et de piano.
Natan dessine des univers jazzy au piano et soutient cette atmosphère avec des vocalises intimistes, tantôt sombres et profondes, tantôt aiguës et aériennes.
Vincent démontre toute sa palette de guitariste, aussi bien dans des solos aux mélodies jazzy que dans des styles plus percussifs. Il passe du tapping au fingerstyle à la Chet Atkins, Merle Travis, Tommy Emmanuel, à travers des titres comme Time Heals et Semit Ta.
Il joue aussi de l’oud et – selon Natan – devient alors Vincent Schmoudt sur le morceau Shadows (Moiz’s Lullaby).

Les deux amis terminent le concert avec un arrangement maison du célèbre morceau Englishman in New York, et le public du Chapiteau se lève pour chanter.
Un public emballé ne se trompe jamais…
Vous devriez donc aller écouter le premier album de Vincent Schmidt et Natan Niddam : We’ll Get There, Eventually.
On vous parle très bientôt de la suite du Cully Jazz Festival 2025 dans nos prochains articles.
À bientôt,
Julien
Crédits photos : Valentine Bonafonte, Antoine Jaussaud, Nick Suttle
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