Big Lazy – Du Festival Péristyle Opéra de Lyon à celui de Jazz à Vienne – Live Report

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“I missed the sweaty places …
I don’t know how many times I’ve heard people tell me in some bar, ‘You’re playing the soundtrack to my life.’ ”
– Stephen Ulrich dans son interview pour The New Yorker, Novembre 2014.

Aujourd’hui, lumière sur Big Lazy, un trio instrumental tout droit venu de New York pour nous faire visiter en musique les ruelles sombres de la Big Apple.

Porté par l’expérience et la carrière de Stephen Ulrich, le groupe reformé en 2012, repart en tournée et passe pour la première fois à Lyon au Festival du Péristyle du 28 au 30 juin 2018, mais également au Festival Jazz à Vienne le lundi 2 juillet.

On retrouve les trois musiciens le vendredi 29 juin sur scène au Péristyle pour découvrir leur univers Surf Noir.

Entre deux morceaux, Stephen Ulrich guitariste leader du groupe nous lâche avec flegme : « We write music for detective movies ».

D’inspiration cinématographique, la musique de Big Lazy c’est d’abord une plongée dans la culture américaine : les films noirs, le western, la surf culture… Ralentissez la surf music de Dick Dale (Misirlou), ajoutez-y des influences jazz, rythm & blues et vous obtenez le cocktail surf noir du groupe.

Pas de voix, donc pas de paroles, et pourtant chaque morceau nous raconte une histoire différente : une affaire de meurtre à New York, un duel au colt dans le Colorado, une guerre des gangs dans le sud de la Californie. On passe d’un roman de Don Winslow à un film de Quentin Tarantino en quelques secondes au son des solos de guitare électrique.

Si l’on voyage c’est grâce à l’interprétation subtile de Stephen Ulrich : à l’aide d’une Stratocaster Vintage, d’une Gretsch 1955 Duo Jet et de nombreuses pédales d’effet, il nous distille un son travaillé à l’extrême. Mystérieux derrière son chapeau et introverti dans l’univers sombre et intense de sa musique, il balance avec aisance des solos fleuves, développe ses intrigues. Les notes sont au fond du temps, le vibrato et la bague bottleneck viennent les déformer pour ajouter une couleur bluesy.

À la batterie, Yuval Lion pose une rythmique jazzy, sort sa panoplie de coups de caisse claire saccadés, rimshots subtils et autres roulements de toms frénétiques. À la contrebasse c’est Andrew Hall qui fait le show par son jeu de scène. Il n’hésite pas à prendre l’archet pour des passages plus aériens et mélancoliques, puis en fin de set, nous gratifie d’un solo type walking bass que les puristes apprécient.

On a alors droit à un entretien avec Stephen Ulrich avant le début du 3ème set de la soirée. Il rigole lorsque je lui fais remarquer sa ressemblance avec Woody Harrelson et on en vient à parler de True Detective (série policière HBO avec Woody Harrelson dont l’ambiance colle parfaitement à l’univers musical de Big Lazy).

Il m’avoue d’ailleurs qu’il voulait travailler sur la bande originale de la série : « I wanted to get that show ! ».

Il m’explique alors que c’est un habitué de l’exercice, qu’il a déjà travaillé avec HBO pour la série Bored to Death et qu’il s’occupe de la musique pour bon nombre de documentaires policiers aux Etats-Unis, notamment Art & Craft en 2014 (titre français : Le Faussaire).

Il aime être musicien de studio, créer et développer des univers dans l’ombre. On parle aussi de l’éventuelle place du chant dans sa musique. Il répond qu’il ne sait pas chanter, que sa voix c’est sa guitare. Le groupe a déjà pensé à intégrer des voix mais s’est ravisé. Et si une voix s’invite sur leur musique un jour : « It has to be something huge… Like Tom Waits », rien que ça.

stephen ulrich

Lorsqu’on lui demande où il puise son inspiration il répond « the city, but also the desert », mêlant son vécu New-Yorkais à sa fascination pour les grands espaces sauvages de son pays. Comme influence il cite Elmer Bernstein (monument de la musique de film américaine), Link Wray (Rockstar amérindienne), et Angelo Badalamenti (compositeur de musiques de films notamment connu pour ses nombreuses collaborations avec David Lynch).

Il nous raconte une anecdote avec Badalamenti, connu pour être un personnage froid et cassant : 20 ans en arrière Stephen Ulrich lui envoie une cassette de ses premiers enregistrements en tant que musicien studio pour des bandes originales et contre tout attente il reçoit une réponse encourageante du maître en la matière.

À l’époque, c’est une consécration pour Stephen, qui marque le début d’une longue carrière en studio pour des BO, et sur scène avec Big Lazy pour notre plus grand plaisir.

Big Lazy

Actuellement, le groupe est en pleine campagne sur Kickstarter pour la sortie d’un sixième album « The Noir & The Twang ».
Ça se passe ici : https://www.kickstarter.com/projects/stephenulrich/big-lazy-records-album-6-please-join-us?ref=discovery

Ne vous inquiétez pas, si vous avez manqué les trois dates au Péristyle vous pouvez vous rattraper lundi 2 juillet à Jazz à Vienne (19h00 scène de Cybèle) et c’est gratuit !

 

 

Crédits Photographies : Marco North.
Auteur : Julien Portenguen

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