Cissy Street Amuse Avec Son Nouveau Groove Dans “Tric”.

Les Black Indians sont des Noirs des quartiers de la Nouvelle Orléans qui se regroupent en tribus, fabriquent les plus beaux costumes du monde, et défilent dans les rues tels des anges africains déguisés en indiens de rêve en affirmant à la face du monde la fierté, la beauté, et l’humanité de leurs communautés. (Jazz Culture / Black Indians)

Cissy Street, c’est un peu plus qu’un groupe de funk et de jazz, et un tant soit plus qu’une bande de 5 loyaux amis musiciens.

Cissy Street c’est un état d’esprit, pour ne pas dire une philosophie. Un message prend vit derrière leur musique aussi festive. L’ironie et l’esprit sarcastique du groupe plaît déjà.

Pour commencer, le groupe se prononce engagé, voire revolté, bien décidé à descendre dans les rues… bien que leur nom, Cissy, signifie “trouillard” en anglais britannique.

C’est donc sans se prendre au sérieux, que les Cissy partagent un message bien sérieux.  Un message fort de sens, dans une joie plus forte encore.

Le premier single de leur nouvel album le montre bien.

« Tric ! », en dialecte lyonnais, veut dire « grève ».

Tel était le cri de ralliement de la révolte des imprimeurs de 1539. De même que les afro-américains se sont inspirés de la culture des Indiens pour faire entendre leur mécontentement, ces lyonnais embrassent le patrimoine afro américains pour réagir aux vagues de la société actuelle.

Le titre d est ainsi teinté de révolte et d’engagement, et rappelle qu’au delà d’appeler à la danse, le funk peut être porteur de lutte, comme il fut le cri de celle des Noirs américains (Black is Beautiful).

Cissy Street se sont imposés dans le paysage du jazz-funk français dès leur premier album éponyme en 2017 avec un répertoire de compositions entièrement original et se sont produits depuis dans de nombreux festivals.

En juin 2020 sortira leur nouvel album, « La Tour du Pouvoir ».

Un clin d’oeil évident à Tower of Power ainsi qu’à maints autres pères du jazz-funk auxquels il rend brillamment hommage, dans lequel ils affirment une identité singulière.

Cependant, à la vue du clip, peut-on pousser l’interprétation de La Tour du Pouvoir en considérant ces joueurs, blancs comme noirs, qui défient les règles du jeu, et souhaitent ne plus être de simples pions sur l’échiquier… qui sait ? Qui dans les règles de l’art défie le jeu, défait le pouvoir.

Des invités hétéroclites sont attendus sur cet album : l’illustre représentant du style comme Juan Rozoff, ou plus encore les Fabulous Trobadors qui y jouent les Black Indians en français.

Ce disque n’est pas le fruit d’une unique filiation américaine mais d’un brassage beaucoup plus complexe et plus authentique.

 

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