Herbie Hancock Veut Comprendre La Nouvelle Génération D’Artistes

“You make different colors by combining those colors that already exist. ” – Herbie Hancock.

2019 fut une année marquante pour le monument vivant du jazz d’hier et d’aujourd’hui, Herbie Hancock. Sa curiosité, son inventivité et sa manière de défier les conventions et les traditions du registre du jazz ont fait sa légende.

En Janvier 2019, le Thelonious Monk Institute of Jazz dont cette icône du jazz a été le directeur, devient The Herbie Hancock Institute of Jazz, en l’honneur de sa dévotion pour cet institut depuis sa fondation en 1986. Cet événement vient aussi en reconnaissance de ses contributions en faveur de l’Education et de son impact manifeste sur le monde du jazz et les nouvelles générations de musiciens.  The International Jazz Day, ou encore, sa lettre ouverte “To the Next Generation of Artists” en sont quelques exemples notables.

Hancock se plaît à apprendre les nouveaux codes et langages, comprendre comment travaillent les jeunes musiciens, pour continuer à tester de nouvelles choses. A l’heure où l’on parle de lui comme d’une légende de 60 ans de carrière, le pianiste a toujours refusé de se réfugier dans une image figée. L’ancien veut vivre avec son temps et apprécier jusqu’où le Jazz qu’il porte depuis 1963 peut encore évoluer aujourd’hui.

I’m learning a lot from the young people I’m working with,” Hancock.

En Octobre 2019, Hancock apparaît dans la dernière mixtape de Robert Glasper, “Fuck Yo Feelings“. Dans ce projet, il fait le choix d’enregistrer un titre avec le plus jeune artiste du casting : YBN Cordae, brillant rappeur qui continue de se démarquer par de significatives collaborations (Chance The Rapper, H.E.R., Anderson Paak).

Cette collaboration prouve une fois de plus son attachement d’instrumentaliser le jazz pour unir des artistes de tous âges, et d’explorer de nouvelles textures sonores au travers du hip-hop. Une intention en parfaite cohérence avec son programme académique Bebop To Hip-Hop veut renforcer les liens entre artistes de jazz et artistes urbains.

A titre anecdotique, on cite par ailleurs Hancock comme le jazzman le plus samplé au monde dans les titres de rap. Ses poulains, tels que Robert Glasper, démontrent encore à quel point le Jazz est à l’origine du Hip-Hop (cf “Jazz is the mother of Hip-Hop“).

En Novembre 2019, pour terminer une année riche en nouveautés, Hancock s’aventure sur une tournée européenne, en compagnie de deux jeunes talents avec qui il joue pour la première fois.

Ce fut donc le soir du 2 Novembre 2019, à l’Auditorium de Lyon, que l’on découvrait Herbie Hancock en compagnie d’Elena Pinderhughes (chant et flûte) et Justin Tyson (batterie) dans le cadre de la saison 2019-2010 du Festival Jazz A Vienne. Une expérience stimulante pour le pianiste. Sa complicité avec le batteur est manifeste.

Qui plus est, il propose un titre inédit avec la flûtiste, Breathe In, Breathe Out. Outre ces deux jeunes prodiges, Lionel Loueke, l’un des plus inventifs guitariste et chanteur de son époque était présent, avec le loyal James Genus à la basse.

Se rapprocher ainsi de la jeune génération est une manière pour Hancock de demeurer actuel, et de passer le flambeau aux prochains leaders et innovateurs de l’industrie musicale.

A ce propos, depuis 2018, Hancock nous laisse en attente d’un prochain album en préparation. Pour ce projet, il se serait rapproché de Terrace Martin et de Kendrick Lamar, l’un des meilleurs exemples d’artistes en terme d’innovation artistique.

Fun fact : la première fois que Herbie écoute la musique de Kendrick (To Pimp A Butterfly), il en a une très mauvaise impression. Mais sa curiosité et sa volonté d’apprendre continuellement de nouvelles choses l’amènent à explorer son travail et apprécier sincèrement sa façon de penser la musique.

Il est d’ailleurs une étrange coïncidence : Kendrick Lamar, prépare lui aussi un prochain album cette année, depuis la sortie de DAMN, récompensé du prix Pulitzer. Il est annoncé que des sonorités rock sont présentes dans ce projet, à la surprise générale. Chose qui rappelle l’audace de Hancock à l’époque de Miles Davis, qui incorporait lui aussi des éléments de rock dans son jazz fusion.

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